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 De retour. [PV Tom]

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Ryan McCanty

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MessageSujet: De retour. [PV Tom]   Ven 12 Déc 2014, 23:31




Sept ans. Sept putains d'années que j'ai pas foutu un pied ici. C'est long, quand même. Enfin là, j'ai pas encore posé le pied, vu que l'avion s'immobilise sur le tarmac, mais j'y suis presque. Je me souviens, en voyant au loin les différents endroits que j'ai fréquentés. C'est bizarre de se repointer ici. Je sais pas ce qui m'a pris. Pourtant, on peut pas dire que j'suis parti en bons termes. Ni avec les habitants, ni avec la ville. Elle m'a apporté que des malheurs, c'est improbable. Depuis que je suis parti, il ne s'est rien passé d'étrange pour moi, pas d'amour inconditionnel, pas de tentatives de suicides, pas d'histoires de cul horribles ou de tromperies de fou.

Ah, ça y'est. Je sors de l'avion. Là je peux le dire, c'est super étrange. Je récupère ma petite valise, après tout je reste qu'un week-end, remercie l'hôtesse et sors de l'aéroport. Y'a des bancs là. Je me sens pas encore de partir, d'aller jusqu'à l'hôtel et de déposer mes bagages. En fait, je me sens surtout pas de marcher dans la ville. Je vais prendre le temps, me réhabituer. Je sors une cigarette, l'allume et tire une bouffée dessus. En plus, ça fait quatre heures que j'ai pas fumé une clope, je vais savourer celle-là. Mon regard glisse sur la ville. L'église, le centre commercial, l'IUT. Je souris, inconsciemment sans doute.

Sept ans en arrière, j'étais un petit con. J'ai couché avec tellement de gens dans cette ville. J'ai fait tellement de mal aux autres, aussi. Et à moi-même, bien sûr. C'est pour ça que je suis parti, en grande partie. On se faisait tous du mal mutuellement et c'était tellement mauvais. Alors j'ai pris l'avion, prévenu personne, et je suis parti, loin. Depuis j'ai voyagé, mais là, nostalgie, ou je sais pas, je voulais revenir.

J'ai vu que les garçons marchent toujours aussi bien. Ils ont sorti un nouvel album, c'est cool. Je les vois plus, depuis que j'ai décidé de me barrer. Forcément. N'empêche. J'aurais au moins pu envoyer une lettre à Gus. Quand on est un enfoiré, hein. Tiens, peut-être qu'en rentrant, je lui enverrai une lettre. Ou un mail, peu importe. Prendre de ses nouvelles, des nouvelles de Bill, de Georg. Puis de Tom, aussi. Et savoir ce qu'est devenu Maxime. On était fiancés quand je suis parti. Et il était séropositif, lui aussi. Chez moi, c'est un gène dormeur. Mais chez lui, je sais pas si quelque chose s'est déclenché. Ouais, j'aurais pu prendre des nouvelles ...

Je soupire, regarde le mégot de ma clope. J'ai même pas pensé à fumer. J'en allume une nouvelle, avant de mettre un écouteur et d'allumer la musique. Funky Town. Ouais, ça me va. J'irai boire un coup et en boîte ce soir, si je me souviens encore où se trouvent ces endroits.

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Tom Kaulitz

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Sam 13 Déc 2014, 00:12

D'un geste distrait, il posa le doigt sur l'un des boutons du lecteur de sa voiture et en augmenta le volume. La musique emplissait tout l'habitacle, créant une barrière entre le reste de la ville et la bulle que formait l'auto autour de lui. Si Tom n'habitait plus ici depuis longtemps, il était souvent fourré dans le coin pour des aussi diverses que variées qu'il oubliait rapidement mais il faisait toujours en sorte de ne pas y rester plus de quelques heures. Tout ici le mettait mal à l'aise, les souvenirs qui affluaient par milliers, l'impression que chaque pierre, chaque rue lui renvoyait à la tête toutes les conneries qu'il avait pu y faire. Il y avait des fois où il souhaitait simplement oublier tout ce qui avait bien pu se passer là... Etait-il seulement permis de jouer autant ? Il reconnaissait volontiers avoir merdé en beauté. Tout ce qui avait fini entre ses mains s'était retrouvé en bien mauvais état. Il n'en avait pas été épargné non plus d'ailleurs. Un soupire s'échappa d'entre ses lèvres tandis qu'il remettait la main sur le volant.

Sa vie avait finalement repris un cours normal. La parenthèse cauchemardesque qui s'était ouverte quand il était arrivé ici avait daigné se refermer, emportant avec elle tout ce qu'il avait construit – ou plutôt déconstruit – ces dernières années. Tout n'était plus désormais qu'une page comme les autres dans son histoire, une page sur laquelle il lui était difficile de ne pas revenir toutefois tant elle l'avait marquée. Il avait tout vu, tout connu, tout vécu, tant les bonnes choses que les pires et pourtant, en croisant son propre regard dans le rétroviseur, il avait encore du mal à croire que ça avait été bel et bien sa vie. Des histoires d'amour, si tant est que c'en était réellement, à n'en plus finir ; des soirées qui se terminaient toujours dans le lit de quelqu'un qu'importe qui quand bien même était-ce les gens qui faisaient partie ou presque de sa famille ; des séjours à l'hôpital plus que n'importe quel être humain n'aurait jamais pu en supporter ; un mariage qui, il fallait le reconnaître, n'aurait jamais pu durer éternellement ; et la présence permanente d'une mort qui avait fini par être amicale... Qui conque aurait fini fou mais il lui semblait que son esprit avait réussi à se défaire de ses anciens démons.

Par un jeu du destin qu'il peinait à comprendre, le groupe était reparti. Soudé. Comme avant. Comme s'il n'y avait jamais rien eu, comme si personne ne s'était jamais tiré dans les pattes, comme si aucun cœur n'avait été l'enjeu des pires tromperies. La capacité qu'ils avaient eu à oublier – ou du moins à le feindre – était exceptionnelle. Après, le fait qu'il ne reste plus qu'eux de cette époque maudite jouait peut-être en leur faveur. Il n'avait plus jamais eu de nouvelles de Maxime, ni de Ryan d'ailleurs, pas même de toutes les pauvres âmes qui avaient eu le malheur de croiser leur chemin... Avec Sam, les contacts étaient lointains bien que toujours présents. Ils avaient fini par se déchirer, comme ils l'avaient toujours fait, mais la descente aux enfers n'avait pas duré bien longtemps. Un sursaut de lucidité et tout avait cessé. Avec le recul, il ne le voyait pas comme un mal. C'était dommage, certainement, mais sûrement mieux ainsi.

Il coupa le moteur et ouvrit la portière qui claqua derrière lui. Le parking de l'aéroport était bondé mais ça lui importait peu. Il n'était là que pour récupérer des affaires égarées lors d'un voyage qui avait pris quelques jours plutôt. Bien sûr, il aurait simplement pu demander à ce qu'elles lui soient livrées mais ça ne lui coûtait finalement pas grand chose d'aller les chercher lui-même. Si on oubliait le fait d'avoir à traverser les souvenirs qui hantaient les environs. Tant de départs avaient eu lieu ces dernières années. Il devait bien reconnaître, dans le fond, qu'ils lui manquaient, parfois. Certains plus que d'autres. Il aurait aimé avoir des nouvelles, savoir ce qu'ils devenaient, comment ils s'en sortaient... Mais non. Si tous les ponts avaient cédé, ce n'était sûrement pas pour rien. Un mal pour un bien.

Il ressortit quelques minutes plutôt avec son sac de voyage sur l'épaule, l'affreuse étiquette volant au vent. Il le balança sur le siège arrière et redémarra, souhaitant quitter tout ça au plus vite et s'éloigner de cet endroit tout entier. La musique reprit ses droits et il quitta sa place, jetant vaguement un œil derrière lui pour s'assurer qu'il n'écraserait personne au passage. Son regard glissa sur les gens qui attendaient près des immenses portes vitrées quand il s'arrêta sur l'un d'eux, un visage qui lui semblait connu. Non, ce n'était que son imagination qui lui jouait des tours, il n'avait fait que ressasser depuis qu'il avait traversé la ville, c'en était que les conséquences. Malgré tout, le doute s'installa... Faisant un détour pour pouvoir passer devant l'homme en question, il ralentit légèrement, le scrutant comme pour avoir confirmation de sa connerie. Son cœur s'emballa sans attendre, le stress, l'excitation, il n'en savait trop rien. S'il avait envie de s'être trompé, d'admettre que ce n'était qu'un inconnu comme les autres, l'envie de le revoir se faisait tout aussi forte et forçait ses lèvres pour y dessiner l'ombre d'un sourire. Non, ce n'était pas qu'une illusion. Ryan McCarty était là, la clope au bec, comme s'il n'en était jamais parti. Les coïncidences ont parfois un quelque chose d'agréablement effrayant... Tom finit par s'arrêter à sa hauteur et baissa la vitre passager. Qu'il avait changé... Qu'il le reconnaissait facilement pourtant...

« Je peux te déposer quelque part ? » lui proposa t-il, se surprenant lui même du naturel avec lequel il pouvait l'aborder après tout ce temps, toutes ces horreurs qui s'étaient passées entre eux.

S'il était parti ce n'était certainement pas pour rien et le jeune homme s'attendait plus que bien à le voir décliner la proposition et continuer son chemin sans un regard de plus. Son estomac se noua à cette pensée. C'était ridicule...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Sam 13 Déc 2014, 01:04

Y'a du monde, bordel. J'aime toujours autant peu les gens. C'est dingue, avec tous les voyages que j'ai fait, ça devrait aller mieux. Genre, j'ai rencontré des peuples géniaux, des personnes formidables. Et malgré ça, dès que je me retrouve en ville, j'ai comme envie de prendre ma clope et de l'enfoncer dans les yeux de tous ceux qui passent à côté de moi. Je soupire. La flemme de me lever, tellement les souvenirs m'assomment. Je pensais pas ça, pas ça du tout.

*Tu l'as voulu chéri, t'assumes.*

Ouais, je sais. Mon billet de retour est pour lundi, et j'ai pas assez de thunes pour me permettre de m'en payer un autre sans me faire rembourser celui-ci. Pourtant, si ça tenait qu'à moi, j'aurais récupéré mon sac, et je serai rentré à Munich, ni vu ni connu. Eh non, mon hôtel, aussi. Hm. On dirait que j'ai pas le choix, je vais devoir passer mon week-end ici.

Allez, une troisième clope et promis, je bouge. Je fumais pas avant. J'veux dire, quand je vivais ici. Je crois que je me suis mis à fumer en arrivant en France. J'ai mis le pied à Charles de Gaulle, j'ai acheté un paquet et un briquet et je m'y suis mis. J'y pense, tiens, j'ai jamais revu Kris, non plus. Je pense à Kris, il m'aurait tué si j'avais commencé à cloper. Lui non plus, il est pas sorti indemne de tout ça. Les autres non plus d'ailleurs. Quand je suis parti, ça a dû les soulager comme jamais. J'espère qu'ils ont réussi à faire ce qu'ils voulaient. Je fais pas ce que je voulais moi. Mais en même temps, j'ai pas continué mes études quand je suis parti. Quoique, ça ressemble un peu à de l'anthropologie, sans diplôme quoi.

J'pense à Tom aussi. Bien sûr que je pense à Tom ! C'est le premier flash qui m'est revenu, quand j'ai vu le clocher de l'église depuis l'avion. C'est quand même lui qui a rythmé ma vie ici, en très grande majorité. Au gré des hauts et des bas de notre relation. Oh, je me souviens pas de tout bien sûr. En partant, j'ai travaillé sur moi-même pour oublier ce qui s'était passé ici. J'ai même fini par croire, pendant quelques mois, que rien de néfaste n'était arrivé ici et que j'étais parti simplement pour voir du pays avant de revenir me marier. Puis ça m'est revenu. C'était une période très peu faste, ma vie ici.

Malgré tout, je souris en coin, nostalgique. Je tire une latte sur ma cigarette alors qu'une voiture s'arrête devant moi. C'est étrange. J'ai pourtant pas demandé de taxi, et il me semble pas avoir levé le pouce pour du stop. Au moment où je décide de l'ignorer, la personne qui conduit la voiture baisse la vitre pour me parler. Bon je vais lui dire qu'il se trompe et ... Non. Non ça peut pas être lui. J'ai une boule au ventre alors que je l'examine. Je l'ai vu y'a pas longtemps à la télé, et Tom ressemble comme deux gouttes d'eau à ce mec. Il me demande s'il peut me déposer et j'ai la confirmation que c'est bel et bien lui.

"Ca dépend. Jusqu'où tu vas ?"

Comme ça. Tranquille. Je pensais pas le voir ici, sincèrement. J'm'attendais à ce qu'il soit en tournée, ou ailleurs. A la base, je serais pas revenu si j'avais eu le moindre doute de tomber sur l'un de ceux que j'ai côtoyé alors. Et malgré tout, je souris. Un petit sourire, un sourire poli, presque. Je prends le temps de regarder son visage en détails. Je me souviens, en le voyant si près, de la force de l'amour entre nous, à tel point qu'on se déchirait. Cette force me frappe de plein fouet, je déglutis et mon coeur accélère la cadence. J'ai des flashs, une chanson à la guitare, un bain, une petite fille. Merde. Notre petite fille.

"J'devais aller à l'hôtel poser ça."

Je récupère mon sac au sol et le lui montre. Ma clope est terminée, je jette le mégot au sol. Dans la foulée, je me lève du banc.

"Sauf si t'as mieux à me proposer."

Est-ce que c'est normal qu'on se parle aussi librement ? C'est pas comme si on s'était mis ensemble et séparés à plus de reprises que ce que je peux compter. Pas comme si on s'était mutuellement détruits. Pas comme si on avait été jaloux des derniers copains de l'autre, quand je vivais là. Pas comme si j'avais totalement disparu de la circulation depuis sept années. Non, c'est pas comme ça.

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Tom Kaulitz

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Sam 13 Déc 2014, 01:59

La hasard faisait bizarrement les choses. Combien de chance y avait-il pour qu'ils se retrouvent, là, devant cet aéroport alors que lui n'avait jamais eu l'intention d'aller ou que ce soit ? Pour qu'il daigne poser les yeux sur les gens qui attendaient il ne savait quoi ? Et pourtant, il n'y avait pas le moindre doute, encore une fois tout avait joué en leur faveur pour qu'ils se croisent. Une fois de plus... Après des années. C'était tellement irréaliste. Ca n'avait aucun sens. Et puis, qu'est-ce qu'il venait foutre là après tout ce temps ? Ce n'était certainement pas pour les voir, bien sûr, il aurait prévenu, il se serait arrangé pour s'assurer qu'ils étaient là... Pour voir Maxime, peut-être... ? Revenir après des années dans l'espoir d'honorer des fiançailles adolescentes lui semblait plutôt crédible. Romantique, presque. Un peu idiot, dans le fond... Autrefois, lui l'aurait fait sans le moindre doute, mais en attendant, de l'eau avait coulé sous les ponts et puis, il n'était même pas question de lui mais de Maxime. Malheureusement, il serait bien incapable de lui dire où le bougre avait disparu...

L'incertitude qu'il avait pu lire, l'espace d'un instant, dans le regard de Ryan lui tira sans mal un sourire amusé. Attristé peut-être un peu aussi. Sept ans. C'est affreusement long sept ans... Comment avaient-ils pu en arriver là ? Oh, bien sûr il ne niait pas que cet éloignement avait été bénéfique à tout le monde, lui le premier, il avait eu tout le loisir de grandir, de mûrir, de voir les choses autrement que comme un gamin perturbé, égocentrique et capricieux mais tout de même... Les déclarations enflammées, les heures passées à se saouler de l'odeur et des baisers de l'autre, les jolies promesses d'éternité... Tout avait été balayé en un revers de main. Il ne se souvenait même plus vraiment comment ni pourquoi. Ca remontait à trop loin. Le voir là, si près, c'était étrange. Tom en avait presque l'impression de ne pas vraiment être à sa place, alors qu'il ne l'aurait échangé pour rien au monde. Cet instant volé valait toutes les impressions désagréables du monde.

« J'suis pas pressé. »

Non, ça ne répondait pas réellement à sa question mais il comprendrait sans mal qu'il était prêt à le déposer n'importe où pour un peu qu'il grimpe quelques minutes. Le temps qui s'écoulait semblait prendre un malin plaisir à ralentir à mesure que sa respiration s'accélérait. Il était là, à portée de main quasiment. Là... Comme il l'avait été pendant des années. A l'instant où il l'avait aperçu, tout ce qui restait de leur relation lui était revenu d'un coup. Des moments géniaux, principalement. Il semblait que son cerveau ait préféré passer le reste sous silence, comme s'il avait craint que les déchirures passées lui reviennent aussi férocement que tout l'amour qu'il avait pu ressentir pour lui. Peut-être n'avait-il pas eu tort en réalité. Sa gorge se serra. Ca n'avait pas de sens. L'espace d'un instant, il eut envie d'appuyer sur l'accélérateur et de disparaître comme lui l'avait fait, ne serait-ce que pour s'éviter une séparation supplémentaire mais le cœur n'y était pas et il savait pertinemment qu'il le regretterait sitôt qu'il l'aurait fait. Il avait passé trop de temps à regretter ses actes pour avoir envie de le refaire aujourd'hui. Et puis, quelle importance qu'il reparte ? Il ne le connaissait probablement plus, depuis le temps. Et c'était sûrement mieux ainsi, se rendre compte qu'il n'y avait plus rien en commun, plus rien à partager et finir par oublier, simplement.

« Va pour l'hôtel, monte. » reconnut t-il en lui désignant le siège à côté de lui d'un signe de tête. « J'sais pas si c'est mieux mais on peut toujours aller boire un truc, j'serai curieux de savoir ce que t'as fait pendant tout ce temps. Ca fait quoi... ? Six ans, un peu plus, quelque chose comme ça... ? Tu peux foutre ton sac derrière, ça t'évitera de l'avoir dans les pattes. »

Comme s'ils s'étaient quittés la veille. Comme si Ryan ne faisait que revenir d'un voyage quelconque et qu'il lui avait demandé de passer le chercher. Son regard croisa le sien mais il ne chercha pas à le soutenir bien longtemps, préférant fixer l'espace d'un instant le sac que le jeune homme tenait. Son sourire s'assombrit vaguement mais fort heureusement le guitariste se reprit rapidement. Ce n'était qu'un souvenir, rien d'autre. Rien d'autre...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Sam 13 Déc 2014, 16:52




Il n'est pas pressé. Voilà une bonne nouvelle. Finalement c'est peut-être pas plus mal, que je soie revenu ici. Une dernière fois, une toute dernière fois, pouvoir tirer un trait là-dessus. Réussir à tourner la page des mauvais moments, des très mauvais moments, et ne garder que les bons. Je sais qu'il y'en a eu, de bons moments. Y'en a même eu d'excellents. Des moments où on riait, des moments où on s'aimait. Et pas qu'avec Tom, bien sûr que non. J'avais des amis ici, j'avais des amants, j'avais des amis-amants, et des amants-amis. J'avais une famille. Depuis que je suis parti, je n'ai plus rien. Rien qui me retienne, personne qui m'attende le soir, personne qui m'attende à Munich. Sauf mon propriétaire, peut-être.

Je le vois, là, tellement différent de ce que je me rappelle. Plus de dreadlocks, il a même laissé pousser la barbe. Ca lui donne un côté adulte, un côté homme. Ca lui va plutôt bien, d'ailleurs. Je l'avais vu à la télé, bien sûr, vu que malgré tout ce qui s'est passé entre nous je continue d'écouter leur musique et de suivre leur actualité. Je me souviens d'une phrase. Quelqu'un m'a dit ça, un jour, un soir, une nuit peut-être ? "Tom est une drogue dont l'abus est dangereux pour la santé, Ryan." Mais qui était-ce ? Ca pourrait être n'importe qui, autant que j'me souvienne. Je sais pas pourquoi ça m'est revenu, là.

Tom me propose de monter en voiture. Je me fais pas prier. J'avais la flemme de marcher, et pas réellement envie de me prendre des claques de souvenirs dans la tronche tout seul. Au pire j'me serais fait un pote parmi les gens qui arrivent, ou j'me serais fait passer pour un touriste, tout simplement pour pas traverser la ville tout seul. J'ouvre la portière, balance mon sac sur la banquette arrière et pose mon fessier sur le siège passager. La place du mort. Nouveau flash. Que ma mémoire se calme, à ce rythme je tiendrais pas le week-end, ou alors je le passerais dans ma chambre d'hôtel à ne penser à rien !

"Sept."

Devant son regard un poil interrogateur, je pouffe.

"Ca fait sept ans. A deux mois près quoi. J'suis curieux moi aussi, peut-être que tu pourras me donner des nouvelles de tous les autres."

J'y crois pas trop, non. Ca m'étonnerait qu'il soit resté en contact avec tous ces gens. Les gars du groupe, ouais. Maxime, sans doute. J'avais le Sida. J'avais le Sida quand je suis parti d'ici ! Je l'avais choppé ... Je sais plus. Je sais plus avec qui. Je l'avais refilé à Maxime ...

*Bordel. J'espère qu'il a réussi à s'en sortir, comme moi j'm'en suis sorti. Fin m'en suis sorti ... Non, bien sûr, mais ma trithérapie se passe merveilleusement.*

Sam. Ah oui, Sam. D'ailleurs j'suis surpris de trouver Tom seul, et encore plus qu'il me propose d'aller boire un verre. Je pense pas qu'il soit venu avec son ... Mari ... Il m'aurait pas proposé ça sinon, vu comme Sam et moi nous apprécions. Et Gus, il était pas marié aussi ? On a tout notre temps pour se poser des questions. Enfin moi, j'ai tout un week-end, et lui n'est pas pressé. Tout ne m'est pas revenu en tête et j'espère bien que quelques souvenirs resteront loin de moi.

N'empêche, je me pose une question. Enfin non, plusieurs, des dizaines même, et la plupart ne trouveront pas de réponse mis à part si je travaille à nouveau pour faire revenir des souvenirs que je ne veux pas retrouver, donc laissons tomber. Non, la grande question que je me pose, c'est comment il m'a reconnu, après toutes ces années. J'ai ... Beaucoup changé. J'ai grossi, j'ai coupé mes cheveux, ils ont beaucoup foncé, mes yeux aussi ont foncé, je m'habille plus du tout pareil, surtout pas aujourd'hui où je porte mes vêtements de boulot, j'suis parti juste après la débauche et je suis bien plus bronzé qu'à l'époque. Et je me suis mis à fumer. Hm. J'lui demanderais plus tard, quand on sera posés sans doute, si j'y pense.

C'est tellement étrange de me retrouver si proche de lui, mon coeur bat plus vite que ce que j'aurais imaginé. J'aurais pas pensé. En fait, j'aurais pensé d'une part être passé au-dessus de tout ça, après tout c'était une amourette de jeunesse, une triste amourette qui aurait pu nous mener très loin, mais une simple amourette comme il en existe des milliers. Et j'aurais pensé d'autre part l'ignorer totalement si on se recroisait. J'l'ai imaginée à plusieurs reprise, cette scène. A tel point que lorsque le groupe est passé à Munich pour la promo de leur dernier album, j'ai eu envie d'aller au showcase. J'm'étais même habillé, et j'étais allé jusqu'à la salle. Mais j'me suis dégonflé. Les revoir, Gustav et Tom, était impensable. Et surtout dans ces conditions. Donc, j'ai imaginé que si j'recroisais Tom je l'ignorerait sans doute. Alors que Gus, bien sûr, c'est mon frère. Mais apparemment, la raison et la passion font mauvais ménage.

Pourquoi je parle de passion moi ?

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 15 Déc 2014, 00:09

Ryan finit par s'asseoir sur le siège à côté après avoir abandonné son sac avec le sien. C'était irréel. Pourquoi est-ce qu'il était revenu des années après ? Le guitariste ne parvenait même pas à savoir concrètement ce qu'il pensait de ce retour soudain. Bien sûr, il lui avait manqué, bien sûr il avait attendu tout ce temps de vivre un moment comme ça, le revoyant enfin ailleurs que dans ses rêves, mais d'un autre côté, il l'avait tellement détesté d'être parti sans prévenir, d'avoir tout simplement disparu de la circulation comme il l'avait fait... Il l'avait probablement bien trop aimé pour voir son départ comme acceptable, pourtant il avait fini par faire avec, par s'y habituer mais tout s'était arrêté sur une désagréable sensation d'inachevé. Bien sûr, leurs vies s'étaient séparées depuis un moment quand il avait quitté la ville mais ça n'y changeait rien. Malheureusement... Son parfum ne mit pas bien longtemps à remplir l'habitacle, montant doucement à la tête du brun. Chaque respiration se faisait brûlante, comme si cette odeur l'enflammait de l'intérieur. Il était là. S'il tendait le bras, il pouvait le frôler, c'était tellement étrange comme réalité. Ca ne collait plus avec ce qu'il connaissait, avec la vie qu'il menait. A cette pensée, ses doigts resserrèrent leur prise sur le volant.

Il n'avait qu'une envie : poser les yeux sur lui et ne plus les en détacher comme s'il risquait de s'évaporer à chaque seconde et qu'il voulait en profiter avant. Ce n'était pas forcément faux. Qui savait combien de temps il resterait ? Qui savait même s'il n'était pas complètement en train d'halluciner ? Ryan n'habitait plus ici depuis tellement longtemps, il n'avait plus jamais donné signe de vie... Ce n'était pas logique qu'il soit véritablement assis si près de lui. Son sang se mit à battre plus fort à ses oreilles. Il fronça les sourcils et s'adossa complètement au siège de sa voiture. Il attendit que son passager attache sa ceinture et redémarra comme s'il ne s'était jamais arrêté. Ca ressemblait presque à un début de rêve, pourtant il ne doutait pas un instant que si c'était le cas, il virerait au cauchemar, mais il n'avait aucune envie d'y couper court, souhaitant plus que tout au monde à cet instant en connaître la fin. Il sentait bon. Comme avant, bien que son odeur ait changé. Tout en lui avait changé, pourtant il n'avait aucun mal à le reconnaître. Il l'avait si souvent revu derrière ses paupières closes qu'il n'aurait jamais pu oublier les traits de son visage. L'avoir reconnu sans le moindre mal lui semblait le plus normal du monde.

« Ca fait sept ans... » répéta t-il. « Des autres, oui, certainement mais pas de tous, non. Tout s'est cassé la gueule au fur et à mesure, si tu savais. Probablement mieux pour tout le monde... »

Il n'était pas totalement convaincu par cette dernière phrase même si ça ne faisait aucun doute qu'elle était incroyablement vraie. Ils n'auraient jamais pu sortir la tête de l'eau en gardant les mêmes relations malsaines et étouffantes qu'ils avaient et pourtant, parfois, il n'espérait que de les revoir, de leur laisser de nouveau une place dans sa vie, peut-être plus la même mais ça ne faisait rien. Savoir que tout ce qu'ils avaient vécu, traversé n'avait pas servi qu'à les éloigner. Ils lui manquaient. Ryan n'était pas, du lot, celui qui lui avait le moins manqué d'ailleurs, bien au contraire. Il s'engagea sur la route qui menait au centre-ville, plus tendu encore qu'il ne l'avait été en  arrivant. C'était agréable. Il s'était souvent demandé où ils en seraient aujourd'hui s'ils n'avaient pas joué aux cons tous les deux, s'ils n'avaient pas fini par se faire plus de mal qu'ils ne l'auraient jamais voulu... Il n'arrivait jamais à trouver de réponses alors il finissait par chasser ses pensées inutiles, bien conscient qu'elles finiraient par revenir. Sept ans, c'était normalement suffisant pour oublier quelqu'un. Il était convaincu qu'il y en avait beaucoup qu'il avait oublié depuis le temps. Il s'en rendait parfois compte en retombant sur de vieilles lettres ou de vieilles photos, dont la signature ou les visages ne lui rappelaient strictement rien, comme si cette partie de sa vie ne lui appartenait plus désormais. Pourtant, ça n'avait jamais été le cas de son interlocuteur. Comment l'aurait-il seulement pu ? Comment l'aurait-il seulement voulu ?

« Je pensais pas qu'on se reverrait un jour. »

Il avait prononcé ces quelques mots d'un ton détaché au travers duquel pointait quand même un mélange de reproche et de gratitude qu'il aurait été bien incapable d'expliquer clairement. Sa présence était troublante et pourtant, il avait l'impression qu'il n'était jamais vraiment parti. C'était tellement étrange. Comme si leurs destins étaient trop liés pour ne jamais se recroiser. Il n'était pas certain que ça puisse être possible mais après tout, rien n'était vraiment impossible quand il s'agissait de Ryan... Un sourire nostalgique étira discrètement ses lèvres à cette pensée. Ils avaient fait tout et n'importe quoi ensemble, s'étaient mutuellement pourri la vie, avaient détruit l'autre au possible et pourtant, ils s'étaient toujours retrouvés, pleurant encore et encore, s'aimant toujours davantage. Jusqu'à cette fin qui sonnait faux, sur laquelle ils étaient restés pour faire leur vie chacun de leur côté. Machinalement, il baissa la musique, plus enclin à écouter son revenant que ces chansons sans intérêt. Il fallait en profiter tant qu'il était là...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 15 Déc 2014, 01:08

A le voir là, si près de moi, je sens comme une boule dans mon estomac. Je me sens mal. J'ai envie de vomir. J'essaie de savoir d'où ça vient mais franchement, je vois pas. Est-ce possible que tous ces flashs me fassent physiquement souffrir ? Non, bien sûr que non. C'est dans ma tête tout ça, évidemment. A moins ce que soit une manifestation de ce que je ressens vis-à-vis de mon départ ? Jusqu'à présent, je m'en étais jamais voulu d'être parti si vite, sans rien dire, et encore moins de n'avoir jamais tenté de reprendre contact. De toutes façons, quand je suis parti, j'étais persuadé que c'était le mieux pour tous. Moi qui allais mourir. Je préférais sans doute qu'ils me détestent tous, surtout Maxime et Gustav, pour ne pas souffrir lorsque je mourrais.

Mais je ne suis pas mort. Tom démarre. Je n'arrive pas à m'empêcher de le regarder plus longtemps. Je suis tellement près de lui que ça me semble presque indécent. Je me suis bien gardé de penser à eux, à lui, depuis que je suis parti. Oh ça n'a pas été tâche aisée bien sûr. On avait vécu tellement de choses qu'ils emplissaient mon esprit, qu'il emplissait mes pensées. Le psy a eu du fil à retordre pour me faire accepter toutes les horreurs qui sont arrivées ici, toutes les fois où j'ai échappé à la mort alors que je me dirigeais vers elle.

J'ai l'impression que ce n'est pas ma vie. L'impression que j'ai volé sa place à quelqu'un, que je ne devrais pas être là. Et en même temps, je ne laisserais ma place à personne. Si j'ai volé les moments de quelqu'un, il avait qu'à mieux les défendre. J'y suis, j'y reste. Mon regard est encore posé sur lui, comme pour me convaincre que je suis bien là, et lui aussi, que tout ça ne se passe pas dans ma tête. Les délires du cerveau peuvent parfois sembler tellement réels que je ne compte plus le nombre de fois où je me suis laissé berner. Je déglutis.

*Ryan, lâche-le des yeux. Il va penser que t'es devenu fou. Bien qu'à l'époque, vous étiez déjà pas mal tarés, en fait.*

Tout s'est cassé la gueule ... Mieux pour tout le monde. Il n'a pas l'air convaincu. Je fais la moue et regarde la route un instant, en soupirant. Je ne peux même pas donner mon avis là-dessus. Je ne sais pas dans quelle mesure tout s'est cassé la gueule comme il dit. Et je ne sais même pas avec qui. Est-ce qu'il parle de son mariage ? De son petit frère ? Des relations des uns et des autres ? Dans mes souvenirs, on ne pouvait pas réellement aller plus bas. Chacun tirait l'autre vers le bas,jusqu'au jour où on a touché le fond. Tom s'est marié. Maxime et moi avons été diagnostiqués séropositifs. Ça m'avait suffit pour partir, j'avais pas eu besoin de plus pour décider de m'en aller et de tous les laisser ici, en espérant seulement qu'ils se décident à faire de même avant le suicide collectif.

"Hm. Tu me donneras des nouvelles de ceux que tu peux. J'imagine que ce sera déjà pas mal."


De toutes façons, je ne me souviens pas de grand monde. Ou alors, encore une fois, j'ai des flashs. Des visages sans nom, des noms sans visage. Des mots dans le vague. Des bribes de souvenirs, sans rien autour. Rien de vraiment suffisant pour m'inquiéter de ces gens-là. Mais Tom était celui auquel je pensais le plus souvent, malgré mes efforts pour ne pas le faire. Je souris doucement alors qu'il m'annonce n'avoir jamais pensé que nous nous reverrions.

"Moi non plus. Pourtant, j'ai essayé de forcer le destin, quand vous êtes passés à Munich. Pas eu la force, j'imagine."

Non, je suis sûr de rien mis à part que j'me suis dégonflé. Et c'est bien suffisant. Pourquoi parle-t-on aussi librement de tout ça ? J'avoue que je n'arrive même pas à me rappeler sur quelle note je suis parti avec lui. Nous nous sommes disputés et réconciliés tellement souvent que je suis incapable de savoir si oui ou non on était en bons termes. Je tourne de nouveau le regard vers lui et son sourire me fait sourire à mon tour. Ouais, je sais c'est totalement con. Il baisse la musique, comme s'il voulait que je lui conte une histoire. J'avoue que s'il veut connaître ma vie, je ne saurais pas où commencer. Nous arrivons devant l'hôtel.

"Je ... Je vais poser mon sac. Je reviens vite."


Nouveau flash. J'étais sorti. Acheter des légumes ? Chercher des médicaments ? J'avais croisé ... Qui déjà ? Le souvenir est reparti comme il est venu. Peu importe. Je récupère mon sac, sors de la voiture, entre dans l'hôtel, prends mes clefs, vais poser mon sac. Je prends le temps de mouiller mon visage. Reprendre mes esprits. Je m'essuie, chope mon porte-feuille, ma clef et mes cigarettes, puis retourne à la voiture. J'attache à nouveau ma ceinture. Je ne sais pas. Est-ce que je dois parler ? Est-ce que je dois lui poser des questions ou répondre à ses questions silencieuses ? Je vais peut-être commencer par là.

"Je fais de la trithérapie."


Même pas sûr qu'il se souvienne de ma séropositivité. Hm, qu'importe après tout. Je pense que c'est peut-être l'une des choses qui a le plus changé chez moi. Après tout, c'est l'une des raisons principales à mon départ. Tiens, j'arrive à en trouver, à présent.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 15 Déc 2014, 01:57

Il sentait son regard fixé sur lui tandis qu'il s'efforçait de rester concentrer sur la route. Si seulement il avait pu se garer sur le bas-côté et lui dire à quel point il était désolé, lui expliquer qu'il s'était rendu compte après les mois passés qu'il s'était comporté comme le dernier des crétins, qu'il avait tout simplement tout gâché – comme il l'avait fait avec tout le monde, d'ailleurs. Mais il n'était pas certain que ses excuses puissent avoir le moindre impact désormais. Oh, au pire il serait content de voir qu'il était tout de même capable de se remettre clairement en question alors que ce n'était pas ce qui avait été le plus connu chez lui du temps où ils se côtoyaient encore mais au delà de ça ? Qu'en aurait-il à faire des regrets d'un imbécile qui l'avait fait souffrir en en ayant parfaitement conscience, simplement pour éviter de souffrir à sa place ? Ca avait été un échec lamentable, de toute façon... Il afficherait sûrement un sourire indifférent en hochant vaguement la tête, avant d'enquiller sur quelque chose d'autre afin de ne pas le laisser s'enfoncer dans des paroles qui venaient trop tard. Et il aurait parfaitement raison. Qui était-il pour espérer faire changer les choses maintenant ? Il avait fait n'importe quoi, il n'avait plus qu'à assumer désormais. Une chance qu'il ait accepté de partager une heure ou deux avec lui, à sa place, il ne l'aurait probablement même pas fait.

Être fixé ainsi le mettait mal à l'aise, d'autant plus qu'il ne parvenait pas à imaginer ce à quoi Ryan pouvait bien penser à cet instant. Peut-être était-il en train de réaliser qu'il s'était fichu dans une belle galère ? Qu'il finirait par regretter d'avoir accepté de monter, qu'il valait mieux pour lui ne jamais reprendre contact avec lui de quelque manière que ce soit... ? C'était certainement ce qu'il y avait de plus vraisemblable mais ça n'avait pas de véritable importance. S'il avait toujours vu sa voiture comme une bulle protectrice, il la trouvait bien trop petite à l'heure actuelle. Son passager était près, trop près, bien trop près. Il était sûr qu'en se concentrant un peu, il parviendrait à entendre jusqu'aux battements de son cœur... Qui avait si souvent servi de miroir au sien... Il passa sa langue sur ses lèvres desséchées par le stress qui s'était installé, avalant difficilement sa salive. C'était un autre monde. S'il en avait eu le courage, il aurait posé sa main sur le jeune homme, son bras, son épaule, sa main qu'importe, juste pour s'assurer qu'il était bien réel, qu'il était bien là. Mais c'était une idée ridicule, bien sûr, aussi il l'évita. Tom détacha son regard de la route lorsqu'il l'entendit soupirer. Est-ce qu'il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Il n'en avait pourtant pas eu l'impression... Il finit par se reconcentrer sur sa conduite, un peu à contre-coeur.

« J'y manquerai pas. Gustav sera sûrement aux anges en apprenant que tu vas bien. »

Et il le suspecterait peut-être un peu d'avoir repris contact avec lui pour le faire souffrir davantage encore, alors qu'il n'avait rien repris du tout, que le hasard s'en était chargé à sa place, et quand bien même ça n'aurait pas été le cas, c'était bien le dernier de ses projets. De toutes ses relations, et Dieu savait combien il y en avait eu, c'était certainement celle pour laquelle il s'en voulait le plus. Tout avait si bien commencé... Ca avait été précipité, bien sûr, un peu surréaliste quand on y repensait, mais il n'avait jamais été aussi sincère et pourtant, au lieu de faire tout son possible pour le protéger et le rendre heureux comme il aurait dû s'y employer, il n'avait jamais hésité à l'enfoncer davantage encore. Ils étaient sûrement trop jeunes, trop passionnés, trop immatures... Ils s'étaient retrouvés, gamins, propulsés dans une vie trop adulte pour eux, une maison, des projets plus qu'il n'en fallait. Il n'en était plus certain mais il avait un vague souvenir de fiançailles. Ils n'étaient que des adolescents. Et pourtant... Tout avait été si réel, si intense. Quand il y repensait, même des années après, c'était toujours avec la même émotion, avec le même sourire lointain et les soupirs attristés en admettant une fois encore tout ce qu'il avait pu perdre. Les souvenirs revenaient en boucle, comme souvent, mais cette fois, il pouvait enfin remettre un visage clair sur son ex-amant. Il ne l'avait jamais véritablement oublié, ça non, mais avec le temps, ce n'était plus aussi net...

« Tu vis à Munich, maintenant ? »

C'était une question idiote. Il n'était même pas certain de vouloir une réponse en vérité. Il s'imaginait sans mal scruter chaque personne qui croiserait son chemin à chaque fois qu'il y mettrait les pieds dans l'espoir ridicule de l'y croiser « par hasard », de l'apercevoir de loin, de savoir qu'il existait encore quelque part, plus présent qu'il n'aurait jamais pu l'espérer. Qu'aurait-il fait, s'il avait forcé le destin comme il le disait si bien ? Qu'auraient-ils fait, tous ? Quoi qu'encore il n'était pas certain que Bill et Georg se souviennent réellement de lui... Ils n'auraient certainement pas compris ce qu'il leur arrivait et le temps de réaliser, il aurait été trop tard. Ryan aurait encore disparu, laissant derrière lui qu'une image encore plus troublante encore... Il était passé près de lui une poignée de jours plus tôt et il n'en avait même pas eu conscience. C'était particulièrement idiot mais il ne pouvait s'empêcher de culpabiliser de l'avoir raté. Il n'aurait jamais pu savoir qu'il était là, non, bien sûr mais ça ne faisait rien. Il avait loupé une occasion de croiser son regard, de lui faire comprendre combien il lui avait manqué tout ce temps... Ce n'était peut-être pas trop tard ?

Le guitariste se gara devant l'hôtel et regarda son ex-amant sortir et disparaître derrière la porte vitrée. Il fut soudainement pris d'un doute, de l'envie idiote de s'enfuir, de ne pas en savoir ni en apprendre davantage. Pourquoi faire ? Tout cela n'était-il pas le pire des idées ? Qu'en tirerait-il ? Ils se parlaient déjà comme s'ils s'étaient quittés la veille... C'était Ryan, il ne fallait pas l'oublier, la seule personne au monde qu'il aurait pu quitter cent fois pour revenir toujours avec autant d'amour dans ses bras, la seule personne au monde à laquelle il avait pensé pendant des années sans réussir à se faire une raison, à le cataloguer comme souvenirs... Rester n'était qu'accepter une torture à laquelle il avait fini par échapper. Le doute s'assaillit davantage encore quand une respiration nouvelle lui ramena son parfum. Il pinça les lèvres, sa gorge se serra. La boule qu'il avait au ventre s'installa plus douloureusement encore. C'était ridicule. Il fallait fuir, fuir tant qu'il le pouvait encore. Combien de temps mettrait-il à admettre sa connerie, à reconnaître devant lui qu'il n'aurait jamais dû le laisser partir ? Ryan n'avait certainement aucune envie de savoir tout ça, tout comme il n'avait aucune envie de le lui dire. Il n'eut le temps de rien que le jeune homme réapparaissait. Il se souvenait d'eux comme si jamais le temps de ne les avait séparé. Leur dernier baiser, le goût de ses lèvres, leur douceur contre les siennes... C'était n'importe quoi. Il secoua doucement la tête et respira un grand coup. Oublier, c'était tout ce qu'il fallait faire désormais. Ils avaient changé, tous les deux, c'était terminé. Son aveu le coupa dans ses palabres silencieux. Oui, c'était ça... Il n'y pensait plus mais n'eut aucun mal à retrouver les souvenirs de cette histoire. Il n'en avait plus les détails mais ça n'avait aucune importance. Il redémarra, gardant le silence un moment.

« Tu as l'air en forme. »

Non, il n'avait pas réussi à trouver plus inutile à lui répondre. Sa voix s'était de toute façon fait lointaine tant il ne savait pas quoi répondre à ça. Sa gorge se serra davantage. Quel enfoiré laissait un proche partir dans un tel état ? Il aurait dû remuer ciel et terre pour le retrouver, pour lui faire savoir qu'il serait toujours là pour lui mais non, il avait fait comme si c'était normal, comme s'il n'y pouvait rien et s'était contenté de continuer sa vie à côté, comme si de rien n'était. Comme si de rien n'était ou presque parce que quoi qu'il ait pu faire après son départ, il n'avait jamais cessé de penser à lui, hanté par les remords de ses conneries passées.

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Dernière édition par Tom Kaulitz le Lun 15 Déc 2014, 12:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 15 Déc 2014, 03:16

Gustav ... Mon grand frère. Je me demande bien ce qu'il devient. En gros, je sais bien sûr. Il avait l'air tellement heureux d'avoir repris sa vie d'artiste, bien qu'il ait un peu grossi. J'aurais pas manqué de le lui dire, si j'avais eu le cran de passer les voir lors du showcase. Heureusement que je n'ai aucun contact avec nos parents, je n'en ai jamais eu. Je ne suis pas sûr qu'ils auraient accepté de perdre aussi rapidement leur fils nouvellement retrouvé. J'ai envie qu'on s'arrête. J'ai la nausée. J'ai envie de le toucher. On a fait bien attention à n'échanger que des banalités, depuis que je suis entré dans la voiture, mais ça va devenir de plus en plus personnel. Je ne conçois pas les choses autrement.

Comment le pourrais-je, d'ailleurs ? N'est-ce pas lui qui a rythmé ma vie ici, il y'a si longtemps ? Même lorsque j'étais avec Maxime ... Son petit frère. Qui pourrais-je leurrer aujourd'hui ? Bien sûr qu'il s'agissait d'un transfert. J'en suis conscient. Et à chaque fois que je me jetais à corps perdu dans une nouvelle relation, c'était simplement pour voir l'effet que ça lui ferait, à lui, sans jamais penser à moi. A l'époque, je me trouvais trop égoïste et j'avoue que d'un sens, on pourrait le dire en effet. Mais ce n'était jamais pour moi que je faisais tout ça. Toujours par rapport à lui, à ses réactions, à ses envies ... Je souris en repensant à tout ça. Les amours de jeunesse, c'est impressionnant quand même.

Je m'étais fiancé à Maxime. On avait prévu de se marier avant de mourir. Pourquoi, je serai incapable de le dire. Sans doute j'avais fait ça pour rendre la pareille à Tom, qui s'était fiancé à Sam. Pour ce qui est de Max, je ne sais pas. Peut-être qu'il m'aimait réellement pour moi-même ? J'avoue que j'en doute. Il me sort de mes pensées en me demandant si je vis à Munich.

"Pas réellement. Je vis ... Un peu partout. J'ai un appart là-bas, mais j'y suis rarement. Une coïncidence que j'aie été à Munich en même temps que vous. Ça aurait peut-être dû me filer les couilles de venir vous voir, mais ça a eu l'effet inverse, je crois."

Pour la première fois depuis que je suis entré dans la voiture, je lui souris. Je ris de moi-même, de ma connerie. Je ne suis même pas sûr qu'il croie aux coïncidences. Et pourtant. Comment appeler ça ? Le destin ? On pourrait ...

C'est étrange. Comme si je n'étais pas parti. Ou plutôt ... Comme si c'était normal que je sois parti. Comme si tout le monde avait su, et comme si c'était prévu que je revienne aujourd'hui. Que Tom avait simplement décidé de passer me chercher pour aller boire un coup ensemble avant d'aller retrouver son époux et me laisser aller retrouver le mien. Mais non. Ce n'est pas la réalité. La vérité c'est que je me suis tiré. La vérité c'est que j'ai fait exprès de ne rien dire à personne et que j'aurais espéré ne croiser personne ici. Et maintenant que j'étais assis à quelques centimètres de Tom, mon cœur s'accélérait, comme si j'avais retrouvé mes dix-huit ans.

Je souris à nouveau. C'est vrai que la trithérapie n'a pas bonne réputation. Mais en fait, une fois qu'on s'est habitué, ça passe tout seul. Enfin, façon de parler bien sûr. Mais sincèrement, entre mourir dans d'atroces souffrances et vivre avec un traitement un peu lourd, je préfère ce que je vis actuellement.

"Merci."

J'ai envie de savoir. Envie de lui poser la question. Je veux savoir si Maxime a eu l'occasion de s'en sortir comme je l'ai fait. S'il a eu la foi de le faire après mon départ. Après tout, d'autant que je sache, il aurait très bien pu aller dans un squatte, recommencer à se piquer pour mourir d'overdose plutôt qu'à cause du Sida qui l'habitait. Je perds mon sourire à cette pensée. Je dois savoir. Après tout, j'étais fiancé à lui.

"Co ... Comment va ... Ton frère ?"

Question délicate, mais je n'ai toujours aucun tact. Ça, au moins, je suis sûr que ça n'a pas changé. Bien sûr, je ne parle pas de Bill. Je ne le connais qu'à peine, finalement. Je sais pas comment il va réagir. Si lui n'a pas changé là-dessus, ça pourrait tout autant me répondre que me jeter par la portière. Je préférerais la première solution, évidemment mais s'il réagit mal, je pourrais le comprendre.

J'aimerais bien savoir aussi, pas simple curiosité, s'il est toujours marié. J'arrive pas à voir sa main gauche, de là où je suis. Mais simplement pour savoir hein. Bon, oui rien qu'à imaginer qu'il aie divorcé, mon cœur s'emballe de trop. Je sais pas trop ce qui m'arrive, j'ai soif. J'ai chaud. J'ai mal au cœur et une boule au fond de l'estomac. J'ai envie de le toucher. Je veux savoir exactement ce qu'il est devenu, depuis que je l'ai quitté.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 15 Déc 2014, 19:48

Si tout avait l'air parfaitement naturel, rien ne l'était réellement. Bien sûr, sa présence à ses côtés ne le choquait pas, mais il en avait perdu l'habitude, il se sentait tellement empoté ainsi, à essayer de faire bêtement la conversation pour ne pas trop se perdre dans les images d'autrefois qui lui revenaient en masse à l'esprit. Il n'avait jamais été tellement doué pour ça, de toute façon. Encore moins avec Ryan d'ailleurs... De ce qu'il se souvenait d'eux, en dehors des heures passées à se dire « Je t'aime » et des autres composées d'engueulades qui allaient toujours trop loin... Il n'y avait pas eu beaucoup de temps pour parler de tout et de rien, d'échanger sur la pluie et le beau temps. Ca ne lui avait jamais particulièrement manqué en réalité, même si avec le recul il admettait sans trop de problème que ce n'était pas ce qu'il y avait de plus normal, d'autant plus que Ryan n'en avait pas été la seule cause, c'était le cas avec tout le monde. Aujourd'hui, ça aussi avait fini par changer, même s'il n'aimait toujours pas beaucoup parler pour ne rien dire... Enfin, d'habitude en tout cas puisqu'à l'instant, ça lui paraissait presque évident.

Ses mains commençaient à devenir plus froides. L'appréhension, l'énervement sûrement... La musique passait très doucement en fond, il ne l'avait pas complètement arrêtée. Il essayait de s'y raccrocher presque désespérément dans les instants de silence, comme pour échapper à la présence pesante du jeune homme à ses côtés. Bien sûr, lui n'y était pour rien, il n'avait même pas demandé à monter, c'était son idée à lui mais il ne s'était pas non plus attendu à ça. C'était bête mais même s'il savait pertinemment qu'il avait continué à penser à lui pendant toutes ces années, il avait espéré en le voyant là que sa présence le laisserait indifférent, que ce serait comme revoir une vague connaissance après un long moment d'absence, une joie présence mais néanmoins pas extraordinaire. Si seulement il avait su... Il se retrouvait plonger dans un mélange d'émotions qu'il ne contrôlait pas et dans lequel il ne distinguait d'ailleurs pas grand chose, incapable de se mettre d'accord avec lui-même sur l'attitude à adopter. Toutefois, il parvenait à garder la face, visiblement un peu mal à l'aise mais pas complètement perturbé pour autant. Les bâtiments défilaient, bien alignés sur leur trottoir, mais il n'y faisait pas vraiment attention, tout était machinal. Il savait où était l'hôtel, nul besoin de s'attarder sur ce qui les entourait, d'autant plus qu'il craignait de croiser le regard du jeune homme. C'était puéril. Ridicule...

« C'est peut-être pas plus mal. Le malaise qu'on se serait payé en te voyant là... » lâcha t-il, un sourire légèrement amusé sur les lèvres. « Mais faut croire que le hasard s'acharne. Munich, maintenant ici... Ca commence à faire beaucoup de coïncidences. »

Son sourire s'agrandit un peu. A son sens, ils devaient se revoir, ni plus ni moins. C'était tout de même étrange qu'après sept longues années sans jamais se croiser rien qu'une seule fois, sans s'apercevoir ne serait-ce que de loin, ils soient confrontés – ou presque – deux fois en si peu de temps. Il n'aurait jamais l'occasion de vérifier mais il était capable de mettre sa main au feu qu'il y aurait eu beaucoup d'autres « coïncidences » similaires s'il ne s'était pas arrêté aujourd'hui. Ils auraient fini par se voir, quoi qu'il puisse arriver, même au bout du monde. Il y avait des choses auxquelles on ne pouvait pas échapper, c'était comme ça. Bien sûr, ce n'était que son avis, et il n'était pas certain que Ryan puisse le partager mais ça ne faisait rien. Qu'importe... Il n'aurait jamais la moindre preuve de ce qu'il avançait là puisqu'ils avaient cédé aux avances du destin. Et il ne savait pas comment vivre cette situation.

Lorsqu'il remonta en voiture, une certaine tension s'installa. Quelle idée de faire lâcher un tel aveu sans préparer le terrain un minimum, aussi ? Ca avait fait l'effet d'une bombe pour le guitariste qui, s'il en avait eu conscience, avait totalement occulté ce détail. C'était probablement mieux ainsi d'ailleurs. Ca avait au moins eu le mérite de lui permettre d'avoir une vie normale sans se demander tous les matins ne se réveillant si Ryan avait eu la chance de se réveiller également. Ca changerait certainement maintenant, il y avait de grandes chances qu'il passe les prochaines années à s'interroger à son sujet, à espérer des nouvelles, un signe, quelque chose de rassurant sans pour autant réussir à obtenir quoi que ce soit... Heureusement pour lui, son interlocuteur ne s'étala pas davantage sur le sujet, se contentant de lui répondre le plus brièvement possible. Son sourire, juste avant amusé, se faisait plutôt gêné désormais. Il se rendait simplement compte à quel point il avait été un salaud, c'était un peu tard pour réaliser l'ampleur des dégâts... Sa question, en revanche, le perturba bien davantage encore. Bien sûr, il fallait qu'il la lui pose, il s'y attendait, s'étonnant même qu'il ait tenu si longtemps avant de se lancer. De prime abord, il ouvrit la bouche, décidé à jouer les idiots, à lui dire que Bill allait bien, qu'il avait été content de reprendre sa carrière et qu'il avait incroyablement changer, que leur complicité d'antan était revenue comme s'il ne l'avait jamais achevée mais il ne parvint pas à s'y résoudre et la referma sans dire un mot. Il resta silencieuse quelques dizaines de secondes de plus, secondes qui lui parurent interminables. Il finit par se garer, sans toujours sans répondre, devant le bar où ils s'étaient rencontrés. Il n'y avait pas réfléchi, en avait pris le chemin comme si c'était le seul qu'il connaissait. Il coupa le contact et détacha sa ceinture mais ne sortit pas pour autant.

« Je sais pas. Il a... Disparu. Jamais donné de nouvelles. J'ai essayé d'en avoir. Enfin, au début... J'imaginais qu'il était parti te rejoindre. Visiblement non... »

Pour la première fois depuis le début de leur trajet, il posa clairement les yeux sur Ryan au risque de croiser son regard et lui adressa un faible sourire, désolé. Il aurait aimé avoir des réponses à lui donner, une adresse ou un numéro de téléphone peut-être, mais il n'en avait pas. Il ne pouvait même pas lui en dire plus, il ne se souvenait pas quand il avait mis les voiles, et ne savait même pas où il avait bien pu aller si longtemps avant. Avec Bill, ils n'en parlaient pas, comme s'il n'existait plus tant qu'ils ne prononçaient pas son nom. C'était toujours un souci de moins. Pour en dire quoi, de toute façon ? Lancer des recherches ? Il avait bien trop peur de ce qu'il pourrait trouver à l'arrivée, si seulement il trouvait quelque chose... Il soupira et ouvrit sa portière, enfin décidé à poser le pied dehors. Il la claqua derrière lui et s'avança de quelque pas, attendant que le jeune homme le rejoigne.

« Je pourrais toujours demander à Sam. Peut-être qu'il en a. Ils étaient proches, si je me souviens bien. Je crois qu'ils ont prévu de se voir bientôt, Bill et lui, j'le verrai sûrement. »

Ou il ferait passer le message par son frère... Après, ça ne servirait sûrement pas à Ryan, qui aurait disparu à nouveau d'ici là mais ça éviterait que sa question reste sans réponse. Et puis, puisqu'il savait désormais qu'il avait un toit à Munich, il serait sûrement plus aisé de lui faire savoir ce qui en découlerait. Il y avait bien au moins une personne dans la ville qui avait conscience de l'existence de celui-ci, un commerçant, un voisin, n'importe qui... Sans un regard pour le jeune homme, il traversa le trottoir et poussa la porte de l'établissement. Ca avait changé, également... Il se souvenait sans mal du monde qu'il y avait souvent, du bruit, des « amis » qu'il pouvait y retrouver à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Il n'y avait quasiment personne, seulement un couple de petits vieux attablé dans un coin. Tom fronça les sourcils et s'avança sans un mot, enfonçant discrètement les mains dans les poches de son blouson. Il choisit une table au hasard, un peu loin de la porte d'entrée et éloignée de la fenêtre – question d'habitude – et se laissa tomber sur la banquette contre le mur. Un coup d'oeil autour de lui et il frissonna...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Mar 16 Déc 2014, 21:33

Le hasard qui s'acharne, les coïncidences qui s'accumulent. Alors il y a moyen qu'il soit du même avis que moi. Que le destin s'en soit mêlé, finalement. Bon, j'avoue que j'y crois qu'à moitié, mais pourquoi pas. Un certain malaise en effet. Encore cette impression de ne pas être à ma place. Tu m'diras, à la limite, j'aurais encore plus eu l'impression de pas être à ma place si je m'étais pointé à leur showcase à Munich. Je le vois sourire, et je souris à mon tour. Malgré tout ce que je pourrais dire, malgré cette impression qui me retourne l'estomac, je suis heureux d'être là.

Je me souviens de nos promesses d'éternité. Lorsqu'on était jeunes et tellement insouciants. On s'imaginait la vie ensemble, et ce même lorsque nous ne l'étions plus. Peut-être qu'inconsciemment, c'est pour ça que j'ai commencé la trithérapie. Parce qu'à la base, mourir m'importait peu. D'autant qu'en partant, je quittais tout ce que je connaissais, et tout ceux que je connaissais, j'avais décidé de vivre ma vie jusqu'à ce qu'incontestablement, elle s'arrête. Peut-être à cause d'un rhume, ou d'une grippe, voire même d'une simple angine. Je voulais voir le monde. Peut-être même mourir et me faire inhumer dans un pays lointain, où les cérémonies sont tellement différentes des nôtres, où les gens ne pleurent pas leurs morts mais célèbrent leur nouvelle vie.

Je n'aurais pas dû poser la question pour Maxime. Je savais que ça le mettrait mal à l'aise, bien que je pensais qu'il aurait quand même gardé contact avec son petit frère. Qu'en partant, j'aurais pu les rapprocher. Que partir avec cette maladie leur aurait au moins permis ça, à défaut de pouvoir soigner qui que ce soit. De toute évidence, je me suis trompé, et j'ai mis les pieds dans le plat, comme si j'avais dix-huit ans à nouveau. Il coupe le moteur et se détache. J'ai toujours les yeux posés sur lui et, pour la première fois depuis que je suis entré, il pose les siens sur moi. Son sourire m'arrache le coeur. J'ai envie de le prendre dans mes bras, lui dire que ça va aller. Mais je sais bien que non, et je suis bien incapable de faire le moindre mouvement vers lui malgré mon envie grandissante.

Il sort finalement de la voiture. Une fois qu'il a fermé la portière, j'inspire grandement, me maudissant intérieurement d'avoir amené ce sujet sur le tapis. Je finis par détacher ma ceinture et sortir à mon tour. Sam. Alors comme ça Sam fait encore partie de sa vie. C'est bien. C'est très bien. Une fois de plus, presque inconsciemment, j'essaie de voir sa main gauche, d'apercevoir un quelconque anneau. Je ne vois rien. Merde. Apparemment, les jumeaux n'ont pas gardé contact avec leur petit frère, bien que Bill ait prévu de le voir. Ce qui veut sans doute dire qu'il est en vie, j'imagine. C'est déjà ça. J'essaie de lui sourire, mais il traverse la route sans me regarder.

Je suis Tom et me rends enfin compte de l'endroit où nous nous trouvons. Flash. Un flash bien précis, cette fois-ci. Les toilettes de ce bar ont vu naître notre idylle adolescente. Je souris pour moi-même, nostalgique. Nous entrons et encore une fois, je le suis. Je m'assieds face à lui. Autour de nous, pas un bruit. Le petit couple est vraiment mignon. Je le vois frissonner. J'ai pas envie de continuer à parler de choses tristes, comme ma maladie ou son frère.

"Comment c'était, les Etats-Unis ? Ce doit être un beau pays ..."

Oui, j'ai voyagé, mais j'ai encore jamais mis les pieds là-bas. Bon, c'est vrai, c'est pas du tout la question que je voulais poser, mais je peux pas me résoudre à lui demander, de but en blanc, comment se passe son mariage. La scène serait bien trop étrange, bien plus étrange que tout ce qui s'est passé depuis que j'suis descendu de cet avion.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Mar 16 Déc 2014, 22:36

C'était ici qu'habitaient les souvenirs de leur première rencontre... Quand il y pensait, elle n'avait pas beaucoup de sens. S'il pouvait admettre sans mal que le baiser qu'ils avaient échangé s'était montré être une excuse particulièrement efficace, la suite ne jouait pas dans la même cour. Qui tombait amoureux d'un garçon rencontré quelques minutes plus tôt ? Qui décidait subitement de s'installer avec lui le jour même de leur rencontre ? Ca n'existait que dans les films Disney, à la limite... Et pourtant, il fallait bien reconnaître que l'histoire qui s'en était suivi, même si elle avait affreusement mal tourné, mal fini, n'avait rien à envier aux autres histoires du monde. Bien au contraire... L'estomac de Tom se noua davantage alors que le jeune homme s'asseyait à son tour. Machinalement son regard se posa sur le comptoir, il se souvenait sans mal des sièges qu'ils avaient occupé ce jour-là... C'était stupide. Il était stupide. Ses joues rosirent légèrement alors qu'il prenait pleinement conscience de l'étendue de sa connerie. Il fallait être réaliste, certes il n'avait jamais cessé de penser à lui, certes il s'était souvent demandé ce qu'il en serait aujourd'hui s'ils n'avaient pas joué aux cons mais il devait désormais ouvrir les yeux et comprendre qu'il ne pouvait pas revenir en arrière, qu'il ne le pourrait jamais. Et puis, Ryan n'avait pas l'air de se plaindre de cette situation. De ce qu'il en avait vu, du peu qu'il avait osé détailler, il allait bien, il avait changé bien sûr mais c'était un changement des plus positifs. Son départ semblait lui avoir fait le plus grand bien, et son absence à lui, par la même occasion.

La voix du jeune homme le força à quitter ses pensées. Les Etats-Unis ? Oh... Encore une fois, il resta silencieux de longues secondes, ne sachant trop comment répondre à ça. Il n'y avait pas de piège, bien sûr, mais il craignait de le décevoir en s'élançant tout à côté de la plaque. A quoi s'attendait-il réellement ? Tout avait changé, il devait en avoir conscience, mais dans quelle mesure imaginait-il son changement ? Eh quoi ! Pourquoi était-il donc en train de s'inquiéter de ce que pourrait penser un type qui avait passé les sept dernières années de son existence à les ignorer, à faire comme s'ils n'existaient pas ? Comme s'il n'avait jamais fait partie de sa vie... Il ne lui devait rien. Mais c'était Ryan. Il n'avait pas envie qu'il se rende compte qu'il ne le connaissait plus, tout comme il évitait lui-même de se lancer dans un interrogatoire sans fin afin de ne pas être confronté à cette même-vérité. Les rares fois où il avait rêvé de possibles retrouvailles, tout se passait à merveille, comme s'ils s'étaient quittés la veille, comme s'il n'y avait jamais eu de séparation, et là qu'il l'avait en face de lui, il voulait tout faire pour ne pas faire voler en éclats les restes de l'espoir idiot que tout soit comme il l'avait rêvé. Aucune chance, c'était évident, mais qu'importe. Le guitariste posa son coude gauche sur la table et se massa la tempe.

« J'y étais déjà allé pour m... » commença t-il alors que son pouce glissait sur son annulaire à l'endroit même où il y avait eu, autrefois, son alliance. Il secoua imperceptiblement la tête et reprit. « 'Fin, j'y étais déjà allé quoi. Mais ouais, c'est agréable. 'Fin ce qu'on en a vu en tout cas. Ca a fait du bien de partir d'ici, de tout reprendre à zéro, ailleurs. On en avait vraiment besoin, je crois. »

S'il avait été attristé, au début, par son divorce, il avait toujours eu parfaitement conscience que c'était beaucoup mieux ainsi. La jalousie maladive de Sam, tout comme la sienne d'ailleurs, leurs engueulades constantes, son chantage, ses menaces de se foutre en l'air à chaque fois qu'ils se disputaient, tout avait fini par être pesant, il n'était plus heureux. Il avait essayé d'y croire encore, et puis un matin, ça lui était apparu comme une évidence, il fallait mettre fin à ce calvaire, ils n'en tireraient rien. Un soupir s'échappa malgré tout d'entre ses lèvres. Il ne considérait pas spécialement ce partie de sa vie comme une erreur, il regrettait juste de ne pas s'être écouté plus tôt, de ne pas avoir réalisé qu'ils fonçaient droit dans un mur dès le départ. Peut-être que tout serait différent aujourd'hui... Le serveur apparut près de leur table, faisant bouger l'air qui s'en alla jouer dans le cou du jeune homme. Ce détail lui rappela les rires enfantins qui fusaient lorsque Ryan s'amusait à souffler sur sa peau pour le chatouiller. Non, il n'y avait aucun rapport entre l'échec de son mariage avec Sam et son interlocuteur. Sauf peut-être une question silencieuse, qui avait toujours planée au dessus de lui comme une ombre : est-ce qu'on aurait été heureux tous les deux, vraiment heureux ?

« Un coca, s'il vous plait. »

Le couple échangea quelques mots, mais de là où il était, Tom n'en comprit aucun, il n'y avait eu qu'un murmure indistinct qui était parvenu jusqu'à lui, comme pour lui rappeler qu'ils n'étaient pas seuls. Qu'ils le soient ou pas n'aurait rien changé de toute manière, il y avait une distance étrange qui s'était installée entre eux dès les premières secondes, donnant l'impression de n'être là que pour qu'il ne tente aucun rapprochement. S'il en avait eu envie – et il était bien bête de ne pas le reconnaître de lui même – il aurait vite laisser tomber l'idée. Le garçon qu'il avait rencontré, qu'il avait tant aimé et qu'il avait souhaité retrouver plus que nul autre n'était plus. Sa jambe s'agitait nerveusement sous la table. Il avait envie de tout envoyer valser et de le serrer contre lui, c'était insensé. Ce simple aveu silencieux accentua encore un peu plus la douce douleur que la boule logée dans son estomac lui procurait. Bon dieu oui, qu'il en avait envie... Son odeur ne semblait plus le lâcher, comme si ses vêtements en étaient déjà imprégnés.

« T'as dit que t'étais pas souvent dans ton appart', t'as beaucoup bougé ces dernières années ? T'as été où, toi ? »

Continuer à faire la conversation, oublier tout ce à quoi il pouvait bien penser et se concentrer sur les réponses qu'il pourrait obtenir. Ce n'était pas vraiment qu'il s'en fichait, bien sûr que non, il avait envie de savoir ce qu'il était devenu, ce qu'il avait fait pendant tout ce temps, voire même ce qu'il l'avait poussé à revenir, mais il était tellement difficile d'effacer de son esprit les images d'eux qui étaient revenues subitement le hanter. Il était là, si près... C'était une véritable torture. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de s'arrêter ?

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Ven 19 Déc 2014, 21:51

Il a l'air absent. Je peux le comprendre sans peine, bien sûr. Je vois son regard couler vers le comptoir, l'air de rien. A nouveau, je souris pour moi-même. Je nous revois, assis sur ces hauts tabourets, un verre à la main, la langue dans la bouche de l'autre. C'était beau et étrange à la fois. Mais tellement beau. Après tout, c'est vrai, c'était une belle histoire, non ? Bien sûr que si. Certes on a peut-être vécu un peu plus de péripéties que les autres couples de contes de fées. Mais qu'est-ce qu'on s'aime ! S'aimait ! Qu'est-ce qu'on s'aimait ...

Je pose mes yeux sur lui, profitant qu'il regarde ailleurs pour le regarder à ma guise. Ses joues changent de couleur et j'appuie mon visage sur ma main en souriant doucement. C'est marrant, tout de même, de l'avoir face à moi comme ça, enfin marrant. Bien, je dirais. Très bien. J'avoue, je me sentais un peu gêné au début mais là, ça va beaucoup mieux. Non pas que j'aie retrouvé mes repères, après tout c'est réellement compliqué voire impossible, de retrouver ses repères après tant d'années, avec une personne de laquelle on a été si proches, fut un temps. Tellement proches ...

En lui posant une question, j'arrête de le fixer. Je m'appuie de tout mon poids contre la banquette et pose mes mains sur mes genoux. Oui, j'ai pas envie de passer pour un taré. Je pense que ses souvenirs lui suffisent pour penser dans ce sens. Je suis sur le point de trouver autre chose, pour pas qu'il se sente oppressé dans cette question, si vraiment il ne veut ou ne peut pas me répondre. Après tout, c'était surtout pour alimenter la conversation. Même si ça m'intéresse de savoir comment est la vie, là-bas. Il se décide à parler, mais se coupe et je vois sa main bouger. Je jette un œil rapide. Plus d'alliance. Donc, divorce. Donc, plus de Sam. Enfin, en tous cas, plus comme ça. J'ai envie de sourire mais ça la foutrait tellement mal que je ne peux pas. Malgré tout, je sens un éclair joyeux passer dans mon regard. S'il capte pourquoi, je suis mort. J'suis pas revenu pour ça, putain.

A sa réponse, j'ai pas l'impression qu'il ait beaucoup profité de son séjour. C'est dommage, de voyager sans en profiter. Si cette maladie m'a appris un truc, c'est de profiter tant qu'on le peut. Puis, voir d'autres civilisations, rencontrer de nouvelles cultures, faut dire que c'est pas donné à tout le monde. Hm. Ouais, c'est vraiment dommage. Mais s'il en retire du positif, c'est encore le principal. Je le vois soupirer. J'avoue que je comprends pas trop, ça contraste vraiment avec ce qu'il vient de me dire. Je vais pour rebondir lorsque le serveur arrive. Tom commande, quelle surprise, un Coca. A nouveau nostalgique, je retiens un rire avant de lever les yeux vers le jeune homme qui se tient à côté de nous.

"Je prendrai une pression, s'il vous plaît."


Très vite, le serveur nous porta nos boissons. J'ai envie de lever mon verre, en trinquant à la nôtre mais à quoi bon ? Y'a plus de nôtre, depuis tellement longtemps. C'est impressionnant, de se dire ça. Ça fait bizarre aussi. J'ai une boule dans la gorge, qui ne demande qu'à sortir. Malheureusement, c'est pas comme ça que ça marche, ça n'a jamais marché comme ça. Et puis, enfin, c'est Tom. C'était tellement passionnel, tellement passionné. On était tellement amoureux que c'en est devenu dangereux. Je pense ... Je pense qu'en fait, en revenant, j'avais peut-être espoir de tomber sur lui ? Un mince espoir ? Une lueur, tout au fond, très très au fond ? C'est possible.

Je sens sa jambe trembler sous la table, si proche de la mienne. Je m'éloigne de la banquette et appuie mes avant-bras sur la table, entourant mon verre de mes deux mains. Je regarde une goutte glisser, avant de relever les yeux vers Tom. J'ai envie de lui prendre la main, de caresser doucement l'endroit où son alliance se situait un mois, un an, cinq ans auparavant, de lui dire que tout va aller, que je suis là maintenant. Mais et puis quoi ?

*T'étais là y'a sept ans. Puis tu y'étais plus. T'as passé ton tour, dommage gamin.*

Il me demande si j'ai beaucoup bougé. Je peux pas m'empêcher de sourire. Si j'ai bougé ? Tellement. J'espère qu'il ne me demandera pas la liste exhaustive des endroit où j'ai mis les pieds, je serais incapable de la faire, là, de tête. Je prends une gorgée de bière, comme pour oublier qu'il me manquait toujours quelque chose, lors de mes voyages. Ne pas avoir d'attache, c'est bien, mais n'avoir personne ... Enfin, c'est mon problème, je l'ai choisi après tout.

"Je suis allé à peu près partout ... De l'Indonésie au Chili, du Pérou à l'Australie ... J'ai rencontré des peuples grandioses, des cultures magnifiques. C'est merveilleux ce qu'on peut apprendre sur soi-même en allant si loin de ce qu'on connaît."

C'est fou ce qu'on peut se rendre compte des conneries qu'on a faites, aussi. Partir n'a pas été la décision la plus conne que j'ai prise de ma vie. Non. Cette place est réservée au fait que je n'ai jamais essayé ni de garder contact, ni de le reprendre dès lors que je me suis rendu compte que certaines personnes me manquaient. A commencer par lui, l'ancien dreadeux, mon amour de jeunesse. Ces souvenirs sont fantastiques, finalement. J'aurais jamais pensé.

Cette conversation, elle est creuse. Un truc cloche, j'ai l'impression. Je ... On s'en fout, en fait. Y'a une seule question que je veux lui poser, mais je dois boire trois ou quatre gorgées avant de réussir à me lancer. C'est tellement personnel, bien plus que savoir si Maxime est vivant ou non. Je déglutis, j'inspire et lève les yeux vers lui.

"Qu'est-ce tu deviens, Tom ? Genre ... Vraiment ?"

Parce que c'est bien beau tout ça, mais c'est un peu tourner autour du pot, non ? J'me souvenais pas de nous comme ça. Pas du tout même. On manquait de tact, on était impulsifs, fougueux. Depuis tout à l'heure, on papote comme deux adultes, deux vieux qui se retrouvent. Mais merde, c'est pas nous. Je m'attendais pas à ça. Mais c'est normal, après tout. Logique qu'on n'ose pas. Moi j'm'en fous, j'mets les pieds dans le plat et si ça merde, c'est que ça devait pas marcher et qu'on n'était pas faits pour se revoir. Ce n'auront été que des coïncidences, et non pas le destin qui cherchait à nous réunir.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Sam 20 Déc 2014, 00:10

Pourquoi est-ce qu'il était revenu là, aujourd'hui, alors qu'il avait tout particulièrement évité d'y remettre les pieds durant toutes ces années ? La logique aurait tendance à répondre que c'était pour terminer cette histoire là où elle avait commencé mais Tom n'en était pas aussi convaincu, malheureusement. Quand bien même il n'avait pas de réponses à fournir, il savait que ce n'était pas celle-ci. Et puis... Qu'y avait-il à terminer ? C'était stupide, il était parti voilà des années, il était parti alors qu'ils n'étaient même plus en bons termes... C'était fini depuis qu'il avait quitté la ville, depuis qu'il avait décidé de tirer un trait sur cette partie de sa vie sans véritablement lui demander, à lui, ce qu'il pouvait bien en penser. Que lui aurait-il dit, à l'époque ? En bon imbécile qu'il était, il aurait certainement hoché la tête d'un air indifférent alors qu'au fond son monde aurait été en train de s'effondrer sous ses pieds. Un peu comme ça avait été le cas lorsqu'il avait compris, non sans difficulté, qu'il ne le reverrait jamais. Il avait gardé contenance, haussant simplement les épaules comme si on lui avait annoncé que son avion était retardé, et s'était efforcé de continuer en apprenant à apprivoiser le manque qui s'était créé par la suite. Comme si c'était seulement possible. Il avait fini par cohabiter avec, rien de plus. Par se dire que c'était comme ça que les choses devaient être sans pour autant parvenir à s'en convaincre. Au fond, il savait pertinemment qu'il aurait dû le retrouver, le faire revenir, ne plus jamais le lâcher mais en quel honneur... ? Ils n'étaient plus rien, pas même amis. Ca aurait été ridicule. On ne s'accrochait pas à quelqu'un avec qui on ne partageait plus rien...

Cette phrase résonna faux dans son esprit. Comme s'ils pouvaient vraiment ne plus rien partager. Il n'y avait qu'à le voir, là, mal à l'aise au possible à revivre silencieusement les plus beaux instants de leur courte histoire. Il avait un sérieux problème, tout de même. Ca ne l'étonnait même pas, comme s'il avait toujours su que le revoir lui ferait un tel effet. Après, il n'avait jamais eu besoin de le revoir pour y repenser mais c'était, là, pire que tout. Il n'aurait eu aucun mal à se croire sept ans en arrière, alors que tout allait bien, ou du moins que rien n'était encore dans un état lamentable. Comment avaient-ils pu tomber si bas... ? A l'heure actuelle, il le connaissait si bien et si mal en même temps... C'était très étrange comme sensation, d'ailleurs. D'avoir conscience d'une connaissance parfaite d'un être qui n'existait plus que pour nous alors que celui-là même se montrait particulièrement insondable alors qu'il était assis juste en face. Ryan avait-il, lui aussi, cette impression ? Non, probablement pas... Il avait dû un peu changer, comme tout le monde, mais devait être toujours aussi prévisible, toujours aussi... Toujours aussi lui... ? Est-ce que ça lui manquait vraiment, tout ça ? Le guitariste chassa bien vite la question. Bien sûr que ça lui manquait vraiment... Ca lui avait toujours manqué, du jour où il avait appris son départ, si ce n'était même un peu avant... Réussir à passer à côté de sa vie à ce point, ça tirait de l'exploit. Et quel exploit... Il fallait être sacrément con pour y parvenir et pourtant ! Trop plongé dans ses pensées, il ne remarqua même pas le regard du jeune homme se fixer un instant sur lui, pas non plus la lueur joyeuse qui y passa d'ailleurs. Seul sa voix, adressée au serveur, le ramena lentement mais sûrement à la réalité. Il s'en va mais revient aussitôt avec leurs boissons. Il le remercia vaguement et plongea ses lèvres dans son verre comme s'il s'agissait là d'une porte de sortie pour oublier cette tension. Cette table était en trop, définitivement. Il avait envie de l'envoyer valdinguer et de se ruer sur son pauvre interlocuteur. Le serrer. Le sentir contre lui. Abandonner un instant les années passées et la douloureuse absence qu'il avait engendrée. Si seulement il avait pu. Il reposa son verre avec des précautions infinies et se risqua à poser, enfin, réellement les yeux sur Ryan.

Grossière erreur. Plus encore que précédemment, son visage le frappa de plein fouet. Non, il n'avait pas changé. A croire qu'il ne changerait jamais. Il sourit doucement, s'adossant négligemment au dossier tandis que sa jambe s'agitait toujours aussi nerveusement. Niveau discrétion, il faudrait repasser. Même après sept ans, Ryan pouvait sûrement lire en lui comme en un livre ouvert, comme s'il n'était jamais parti. Comme s'ils ne s'était jamais quittés... La voix du brun résonna à nouveau. Pour lui cette fois-ci. Son cœur accéléra la cadence, semblant signifier qu'il était heureux du regain d'intérêt qu'il lui portait. Pathétique. Tom hocha doucement la tête à sa réponse. Ils ne devaient certainement pas voir ces pays de la même manière, leur approche en étant totalement différente, mais il comprenait ce qu'il entendait par sa dernière phrase. Si seulement il savait à quel point il pouvait le comprendre... Ce départ aux USA, ça avait été un peu pour ça. Tout arrêter pour réapprendre à se connaître, pour savoir exactement ce qu'on voulait, ce qu'on attendait, ce qu'on espérait... Bill avait eu un peu de mal à le convaincre au début, mais ça n'avait pas duré et il reconnaissait aujourd'hui que ça avait été nécessaire. La distance lui avait fait le plus grand bien. Ne serait-ce que pour se détacher de la vie décousue qu'il avait mené. Mais il fallait croire que ça n'avait servi à rien puisque le plus gros morceau de cette vie-là venait subitement de réapparaître. Il essuya d'un doigt désintéressé la buée qui s'était formée sur son verre et le reprit en main, y prenant une nouvelle gorgée, tandis qu'il observait à la dérobée celui qui lui faisait face avaler plusieurs lampées de sa bière. Il n'avait pas l'air beaucoup plus à l'aise que lui. Cette pensée le fit sourire à nouveau, plus franchement. Toutefois, son sourire ne s'attarda pas. Sa question le surprit tant qu'il avala de travers, toussotant plusieurs fois pour reprendre ses esprits, et peut-être aussi gagner un peu de temps pour composer une réponse acceptable. Quelle question ! Le verre tinta sur la table.

« Normal, je suppose. » déclara t-il, presque comme s'il s'agissait d'une évidence. « J'veux dire... La vie a repris son cours quoi. La musique, le groupe et tout ce qui va avec. Je sais pas trop ce que tu veux savoir par-là, en fait. C'est... Comme avant ? Bill, les gars, tout ça... Il n'y a plus de place pour le n'importe quoi qui nous a pris quand on est arrivé ici. Surtout moi, d'ailleurs. Je regrette pas. Pas trop. Pas tout... Ca doit s'appeler grandir, dans le fond, non ? J'ai une vie normale quoi, si tant est qu'on puisse vraiment dire ça comme ça. »

Un nouveau soupir. Sa jambe glissa maladroitement et tapa légèrement dans le pied de la table. Les verres bougèrent un peu, laissant échapper quelques gouttes de leur contenu. Vraiment de trop, cette table. Il n'était pas certain que ce soit la meilleure réponse qu'il pouvait trouver mais il lui faudrait faire avec. Sa main, froide d'avoir trop été en contact avec la buée, passa sur son front, trahissant sans mal la gêne inhabituelle qu'il pouvait ressentir encore. Plus que jamais, il aurait aimé se rendre compte qu'il était totalement indifférent, qu'il n'y avait en face de lui qu'une ancienne connaissance, quelqu'un avec qui il avait, certes, partagé des choses fortes mais qui étaient désormais derrière lui. Achever les espoirs secrets et silencieux qu'il avait traîné toutes ces années. Les voir repartira avec Ryan à la fin de leur conversation. Plus que jamais il savait que ce n'était pas le cas. Il n'était pas stupide, ses réactions, qu'elles soient physiques ou non, n'avaient rien de normal. Merde, qu'il lui avait manqué ! Qu'il lui manquait encore. Foutue table, foutues années, foutues conneries, foutu mariage... Foutu crétin qui avait tout fait raté simplement parce qu'il avait été incapable de se rendre compte de ce qu'il perdait au moment-même où il était en train de le perdre... Et pourtant, il n'avait jamais douté du fait qu'il finirait par le regretter.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Puisqu'ils en étaient à oublier toute notion de tact ou de bienséance, il n'y avait pas de raison que Ryan soit le seul à jouer... A ces mots, son regard se fixa réellement pour la première fois depuis qu'ils s'étaient revus, prêt à soutenir le sien sans trop savoir ce qu'il pourrait y lire, prêt à arrêter d'être l'adolescent lâche qu'il avait été des années plus tôt. Sa jambe cessa sa danse hystérique doucement mais ce n'était qu'une façade, un mensonge visuel qui laissait supposer que toute crainte, tout stress s'était envolé. Il n'en était rien, bien au contraire. Il passa machinalement sa langue sur ses lèvres, comme autrefois, récupérant sans le vouloir les quelques gouttelettes de soda qui avaient été abandonnées là tandis que sa main glissait négligemment à la surface de la table, toujours incroyablement près du verre, de quelques millimètres dans la direction du jeune homme. C'était jouer avec le feu, bien sûr, mais c'était tout ce qu'il avait toujours su faire...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Dim 21 Déc 2014, 13:54

Lorsque ses yeux se posent finalement sur moi, j'ai l'impression d'avoir attendu cet instant depuis sept ans. Sept longues années à me demander si il daignerait de nouveau me regarder, si je n'avais pas fini par faire déborder le vase, si mon départ ne serait pas la connerie de trop, en fin de compte. Son regard m'électrise au plus profond de moi-même, c'est comme si le temps s'était arrêté . Mais non, bien sûr, le temps ne s'arrête pas pour moi. Il sourit avant de s'appuyer au dossier, et je lui souris aussi, du coin de la bouche. J'ai dix-huit ans à nouveau, timide et entreprenant, yin et yang, partagé entre le bonheur de savourer cet instant et la certitude que dans quelques heures tout au plus, on se dirait adieu à jamais. Bien sûr, j'en ai pas envie, plus maintenant. Je l'ai je le garde. Mais ça m'étonnerait qu'on soit du même avis.

Sa jambe tremble toujours autant. J'avoue que j'arrive pas à mettre une cause là-dessus. Dire que ma présence le rend nerveux serait bien trop prétentieux et, certes, je l'étais il y a sept ans, mais aujourd'hui je suis bien plus modeste. Vivre au jour le jour dans des contrées si reculées qu'elles ne possèdent pas de nom, ça vous remet à votre place. J'ai tellement pas l'impression d'être moi depuis le début de cette conversation, c'en devient vraiment flippant. Qu'est-ce qu'il va penser ? Bien sûr, il va penser que je suis devenu un espèce de pète-sec qui fait genre avec tous ses voyages à la con alors qu'ils a pas été foutu de garder contact avec son putain de frère ! Et il serait peut-être pas si loin du compte. En fait non, il serait assez loin du compte. J'ai juste pris conscience de ma connerie, en fait. Est-ce que ça fait de moi un salaud ? Sans doute. J'espère juste être le seul à le penser, autour de cette table. Ou ça voudrait dire que cette rencontre et que cette conversation ne riment à rien.

Il manque de s'étouffer avec son Coca. J'ai envie de sourire, ça lui est arrivé tellement souvent à l'époque que je ne compte plus. Mais c'est pas marrant. En fait, dans le contexte, je peux pas sourire. Cette question me tient tellement à coeur que ce serait me trahir moi-même. Ouais, j'suis bizarre. Est-ce que cette réponse me convient ? Pas entièrement. J'ai l'impression qu'il a répondu à côté. Le groupe, Bill, je m'en tape. Sérieux, j'm'en fous. C'était pas ma question. Sa jambe fait bouger la table. Je baisse les yeux et vois les quelques gouttes de boissons atterrir sur le bois. Peu importe. Je relève la tête, il passe sa main au front, comme s'il transpirait ou je ne sais quoi. Quand je disais qu'on n'était pas nous-mêmes ! Va falloir se dérider ou on va finir par exploser. Qu'est-ce que je fais là ... La voilà, la question tant redoutée. Pour la peine, il arrête de bouger sa jambe. On en vient enfin aux vraies questions, celles qui sont importantes, celles qui font mal.

Ses yeux dans les miens. Un flash. Ce qu'on était beaux, ensemble. Après tout, qu'est-ce que je risque ? Je risque rien d'autre que l'entendre ricaner et partir. Et alors ? Cherche une tournure, Ryan. Bouge-toi un peu. Oui bah j'suis pas un robot. Je tiens son regard, cherchant au fond de moi la raison principale qui m'a fait revenir ici. J'en ai pas. Pas vraiment. Il passe sa langue sur ses lèvres. Je déglutis. Je tiendrai pas longtemps comme ça. Va falloir faire quelques chose ou je vais craquer et lui sauter dessus.

"Franchement ... J'en sais trop rien. En fait, j'ai passé des mois à essayer d'oublier tout ce qui m'était arrivé ici. Autant te dire que j'ai pas tout à fait réussi. Peut-être j'ai pensé qu'en revoyant tout ça, je me ferais une raison ? Ou bien j'étais simplement nostalgique."

Tu penses que je peux lui dire qu'au fond de moi, inconsciemment, je pensais l'y revoir ? Je savais pertinemment qu'il ne vivait plus ici, bien sûr. Quoique, pourquoi pas vivre ici, avec Sam, par intermittence ? Franchement, je sais pas. Cette réponse ne lui conviendra pas, tout comme la sienne ne me convient pas. Un partout, balle au centre. Je baisse le regard, et vois ses mains s'approcher des miennes. Non, je vois ses mains bouger et, par hasard, s'approcher des miennes, voilà. Vas pas commencer à te faire des films, mec, y'a que toi qui regrette amèrement de ne plus être avec lui. Mais comment être sûr ? Comment savoir ? Après tout, c'est carrément possible que lui aussi, soit dans le même cas que moi ! Enfin, c'est fifty-fifty quoi ...

"Peut-être aussi, inconsciemment, que j'voulais forcer le destin ? Voir jusqu'où irait la coïncidence ?"


Mon cœur bat fort, très fort. Tiens, j'me souviens que je faisais des inflammations cardiaques, lorsque je vivais ici. Depuis que je suis parti, je n'ai eu aucun problème cardiaque. C'est pas comme si c'était le moment de recommencer. Non, tout va bien, c'est juste de l'excitation. De l'appréhension, aussi. J'ai balancé ça cash. Tellement que je me demande encore si j'ai vraiment dit ça, ou si je l'ai imaginé. Pour en être sûr, je relève les yeux et plante à nouveau mon regard dans le sien. Je me noierais dans ce chocolat que j'en serais heureux. Nouveau flash. Je me souviens d'une chose qu'il m'a dite, il y a de ça tellement longtemps et pourtant, on dirait que c'était hier. "Mais de toute manière, que tu restes ici ou que tu partes à l'autre bout du monde, ça changera jamais rien Ryan, jamais !" A l'époque, c'était tellement vrai. Est-ce que c'est toujours d'actualité, ou est-ce que mon voyage au bout du monde a duré trop longtemps ? Calme-toi Ryan. Calme-toi. Mon cœur veut sortir de ma poitrine, ne pas être témoin des dégâts irréparables que je viens de causer en parlant trop vite, trop spontanément, sans vraiment y réfléchir et surtout pas réfléchir aux conséquences. Je viens peut-être de signer l'arrêt total de nos relations, maintenant et à jamais. Et merde.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Dim 21 Déc 2014, 23:31

Ryan ne trahit aucune émotion après la réponse à sa question. Impossible de savoir ce qu'il en pense vraiment... Après, il y avait de grandes chances pour qu'il se montre plus enthousiaste si jamais ça avait été exactement ce qu'il avait attendu. Mais bon, c'était difficile de répondre à une telle question. Qu'est-ce qu'il devenait vraiment... ? Qu'est-ce qu'il en savait ! Son psy, s'il avait continué à le voir régulièrement, aurait peut-être réussi à lui donner une réponse valable, ou du moins des éléments qui pourraient le mettre sur la voie, mais lui ? Il n'avait jamais cherché à se connaître à ce point. Il était capable de donner les plus gros changements qui s'étaient opérés dans sa vie durant ces dernières années, peut-être même qu'il parviendrait avec des efforts à dire ce qui avait clairement changé chez lui, mais de là à savoir ce qu'il devenait... Ca sous-entendait une modification quelconque, or dans le fond c'était pas vraiment le cas. Il était toujours guitariste, il en faisait toujours son métier, il était toujours dans le même groupe avec les mêmes gens, il continuait à parcourir le monde... Il ne devenait rien d'autre que ce qu'il avait été autrefois, en réalité. C'était pas plus compliqué que ça, et pourtant, il ne voyait pas vraiment comment le lui expliquer. De toute façon, il y avait fort à parier qu'il taperait, là encore, à côté.

L'impression désagréable de le décevoir l'atteignit de nouveau. Qu'allait-il penser ? Qu'il était toujours le détestable connard qu'il avait quitté il y avait sept ans ? Que les mois, les années n'avaient eu aucune prise sur lui, qu'il ne s'était jamais remis en question ? Tom se mordit machinalement la lèvre inférieure, dérangé par l'idée que son interlocuteur puisse garder en tête uniquement les images d'autrefois. Il aurait certainement raison de le faire, n'importe qui d'autre le ferait... Il lui en avait tellement fait baver, le pauvre. A sa place, il aurait même certainement refusé de lui adresser la parole, se contentant de feindre ne pas le connaître, ignorant son invitation, son existence même... Mais il n'avait aucune envie que Ryan en reste là, il ne voulait pas être que le bourreau qui l'avait fait tant souffrir pendant des mois à ses yeux. Il l'aurait mérité, c'était certain, et encore il avait dû oublier une bonne partie des crasses qu'il avait bien pu lui faire du temps où ils étaient ensemble... Il voulait se racheter, lui prouver qu'il avait été capable de changer, qu'il ne demandait qu'à se rattraper. Ca n'en valait pas vraiment la peine, bien sûr, demain il n'y aurait plus de traces de cette entrevue que des souvenirs troublés et l'envie plus forte encore de le retrouver, il n'aurait le temps de rien du tout...

Sa question sembla le perturber un instant alors que son regard ne se détachait plus du sien. Ahah ! Il n'y avait pas que lui qui était doué au jeu des questions qu'on ne voulait pas avoir, tiens. Il n'avait pas eu envie de le mettre mal à l'aise volontairement, ni rien d'autre s'en rapprochant bien sûr, mais tant qu'à faire, s'il pouvait enfin obtenir la seule explication qu'il attendait vraiment depuis qu'il l'avait vu devant l'aéroport, il n'avait rien contre... Les secondes qu'il prend pour composer une réponse semble durer des heures. Il en était presque à se demander si elle allait venir un jour. Le brun ne parvenait plus à lâcher le visage du jeune homme qui lui faisait face. Il avait toujours imaginé qu'il lui cracherait tout ce qu'il pensait de bien salaud à la gueule s'ils se revoyaient un jour, tout le mal qu'il avait pu ressentir sur son départ, sur son abandon, tant le concernant lui que concernant Gustav, et pourtant... Il se rendait bien compte, aujourd'hui, qu'il en était bien incapable. Il avait peur de le vexer, de dire quelque chose de travers, de le voir fuir alors qu'il venait à peine de le retrouver, alors de-là à lui balancer des horreurs... Il venait à peine de le retrouver et dans quelques minutes, quelques heures peut-être si le temps jouait en leur faveur, il serait déjà loin de nouveau, emportant avec lui toute certitude de le revoir un jour. Garderaient-ils seulement contact, d'ailleurs ? Rien n'était moins sûr... Pour se dire quoi ? Ils peinaient déjà suffisamment à entretenir une véritable conversation alors si en plus ils n'étaient plus face à  face...

Ryan finit par ouvrir de nouveau la bouche, parlant de raison et de nostalgie... Ca n'était pas vraiment ce qu'il avait espéré mais il saurait s'en contenter... Bien sûr, il fallait se rendre à l'évidence, il n'allait certainement pas admettre que c'était pour le revoir, parce qu'il lui avait affreusement manqué pendant tout ce temps et qu'il ne voulait plus vivre une seule seconde de son existence sans lui. Quand bien même il le lui aurait dit, il n'y aurait pas cru. On ne pouvait pas être aussi masochiste. Le guitariste fronça doucement les sourcils à cette pensée. Depuis qu'il l'avait revu, il était dans tous ses états, il se donnait l'impression d'être une adolescente amoureuse pour la première fois. Amoureuse... ? Etait-ce seulement vraiment le cas ? Possible après tout... Il avait revu Sam des dizaines de fois depuis leur divorce et n'avait jamais eu envie ne serait-ce que de le frôler volontairement, il revoyait Gustav aussi souvent que possible sans qu'il n'y ait plus la moindre arrière-pensée avec lui, quant aux autres, il ne prenait même pas la peine d'y penser de temps en temps... Alors que là... Il n'avait jamais cessé de hanter ses rêves, son esprit, et maintenant qu'il était face à lui, il aurait fait n'importe quoi pour goûter rien qu'une dernière fois à ses baisers, pour se laisser aller quelques secondes contre lui, comme si jamais rien ne s'était arrêté. Ils s'aimaient encore quand ils s'étaient séparés, ça n'avait été que pour limiter les dégâts tant qu'il en était encore temps, il l'aimait encore lorsqu'il avait demandé Sam en mariage puisqu'il se souvenait s'être rappelé qu'il ne serait qu'un ami à présent... On n'a pas besoin de se remémorer des choses comme ça quand on ne ressent rien pour quelqu'un... Son doigt essuya les gouttes de Coca égarées sur la table et sa main vint se resserrer autour de son verre pour le porter à ses lèvres. Manque de chance, son ex-amant reprit la parole avant qu'il ait eu le temps de terminer le trajet et le verre resta suspendu dans les airs, à mi-chemin entre sa bouche et la table.

Il replonge son regard dans le sien. Le destin ? La coïncidence... ? Il avait l'impression de vivre dans une dimension parallèle, presque comme s'il était en train de lui dire uniquement ce qu'il avait envie d'entendre. Qu'il avait espéré le revoir en revenant ici... Les prunelles sombres de Tom finirent par se dérober et se posèrent de nouveau sur le vieux couple un peu plus loin. Madame était en train d'enfiler son manteau tandis que Monsieur glissait son journal sous son bras. Il finit tout de même par boire une nouvelle gorgée de son Coca. Un frisson parcourut son dos sans qu'il ne sache expliquer d'où il venait. L'espoir de ne pas avoir été le seul attardé capable de passer sept interminables années à espérer une suite à quelque chose qui, de toute évidence, n'aurait jamais dû en avoir ? Peut-être... Sûrement, même. Il reposa son verre et après un instant d'hésitation releva les yeux vers Ryan, l'esquisse d'un sourire un peu charmeur accroché aux lèvres. On ne se refaisait pas. Il allait se faire envoyer chier, très certainement, il se montait tout un truc insensé sur des bases de preuves qui n'existaient que dans sa tête... Il n'y avait que lui pour être aussi débile, pour avoir envie de repartir dans des conneries auxquelles il avait finalement réussi à échapper. Et puis quoi ?! Quand bien même Ryan aurait-il pu seulement en avoir envie aussi, où est-ce que ça finirait par les mener ? Il leur restait quelques heures à s'accorder tout au plus... C'était dangereux. Comme toute leur histoire... Et pourtant, il ne parvenait pas à dresser des barrières, il voulait s'y jeter à corps perdu, pour dix secondes, une heure, une vie... Ca n'avait pas d'importance...

« Tu m'as manqué. »

Sa voix lui parut lointaine, comme si ces quelques mots avaient été prononcé par quelqu'un d'autre mais il n'en laissa rien paraître. Sa respiration se faisait douloureuse et difficile, la boule logée dans son ventre de plus en plus présente. C'était une mauvaise idée. Une incroyablement mauvaise idée... Tom finit par le lâcher des yeux et posa ses deux mains autour de son verre, fixant les bulles qui venaient se suicider à la surface avec un intérêt soudain et grandissant. Quel abruti ! Non mais quel abruti ! Pourquoi devait-il toujours tout gâcher à chaque fois ? Ils venaient de se retrouver, peinaient tout de même à retrouver un semblant de marques et voilà qu'il limite à lui faire des déclarations ridicules. Il allait prendre peur, lui dire que ça lui avait fait plaisir de le revoir et prendrait la poudre d'escampette avant même qu'il n'ait eu le temps de remarquer quoi que ce soit... Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres. C'était trop tard de toute façon... Il ne restait plus qu'à espérer que la connerie soit contagieuse et que Ryan en ait été également une victime. Enfin... C'était un espoir égoïste bien sûr, mais le seul qu'il pouvait garder encore à l'instant...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 22 Déc 2014, 01:19

Finalement, ce week-end n'est pas la pire idée que j'aie eue de ma vie. J'aurais pu le croire, hein. Mais finalement, si ça me permet de mettre un terme à ces longues années à penser à lui, à espérer un contact quelconque, à me demander ce qui aurait pu se passer, à me dire qu'il ne manquait que lui à mes côtés pour que mes voyages soient parfaits. En fin de compte, autant passer pour un fou furieux tout de suite, arrêter de me faire des idées et qu'il me remette en place maintenant, qu'on puisse enfin discuter convenablement, ce serait parfait. Je me repasse les images de nous deux, celles qui me hantent depuis que j'ai posé le pied dans cet avion qui m'a mené loin d'eux. Celles-là même que j'ai tenté d'oublier par tous les moyens possibles. Fut un temps, je voulais oublier absolument toute cette partie de ma vie, tellement penser à lui me faisait souffrir. Je me rappelle me demander comment nous avions fait pour en arriver à de tels extrêmes, nous qui nous aimions tant et tant.

Je nous revois tantôt dans le salon, nous chamaillant et moi lui soufflant dans le cou pour le faire rire, tantôt dans la chambre, couchés sur le lit à ne rien dire, simplement profiter de la présence de l'autre. J'ai le souvenir d'un avion aussi, je revois sa main dans la mienne, alors que nous décollons du Japon pour rentrer. J'ai l'image de nous dans les toilettes d'un parc, aussi, dérangés par une demoiselle qui voulait faire pipi. Dans une chambre d'hôpital, nous embrassant comme si l'autre était notre seule bouffée d'air. Et c'était tellement vrai que ça fait presque peur. Mais aujourd'hui, tout a changé, non ? D'après Tom, pas tant que ça. Il a l'impression de n'avoir pas changé. Et au fond, qui suis-je pour lui dire l'inverse, hein ? Non, je peux rien lui dire, et puis après tout, je peux pas me résigner à me dire que je le connais plus.

Est-ce que ça signifie que je l'aime encore ? Sans doute. Et voilà que maintenant je m'avoue que j'ai encore des sentiments pour lui, sept ans après. Bien, bien, je m'améliore c'est merveilleux. Ma première réponse ne semble pas lui convenir. Il fronce les sourcils et je me sens coupable. Coupable de quoi exactement, hein ? Tu peux me le dire ? Coupable d'être parti ? D'être revenu ? D'avoir répondu quand tu l'as vu ? De l'avoir suivi ici ? D'avoir balancé cette histoire de destin et de coïncidence ? Hein ? Réponds ! De tout ça, oui, bien sûr. Bien sûr que tu t'en sens coupable, vu que t'en es coupable. Mais maintenant que t'as commencé, tu vas laisser tes couilles pousser et tu vas terminer. Histoire de bien te faire mal un bon coup et que tout ça soit derrière toi. Okay ? Bien.

Voilà, je l'ai tout perturbé avec ma seconde réponse. J'aurais sans doute pas du dire ça mais ça m'a échappé. Je dois savoir ce qu'il en est aujourd'hui, c'est bien trop compliqué de vivre sur des hypothèses foireuses comme je le fais depuis le jour où je suis parti et où j'ai décidé de mettre le plus de distance entre Tom et moi. Ce qui entre nous n'a bien entendu servi à rien. C'est pas comme ça qu'on se débarrasse d'un souvenir et encore moins d'un amour. Mais j'étais jeune, j'étais con, et j'ai été très vite désillusionné. Hm. C'est la vie.

Ses yeux noisette. Mon cœur rate un battement. J'ai comme la nausée qui me reprend. Je sens arriver le moment fatidique où il m'expliquera que c'était sympa de se revoir, peut-être même qu'il m'offrira ma bière avant de partir parce qu'il a bien plus important à faire que de discuter avec un fantôme du passé qui a daigné se pointer à nouveau. Surtout que je me fais pas de films, à l'heure qu'il est même s'il n'est plus avec Sam, il a sans doute quelqu'un d'autre dans sa vie. Qui ne voudrait pas de lui ? Avec ses airs enfantins, ses magnifiques yeux, ses réactions imprévisibles et son sourire charmeur ... Quoi ? Nan, je rêve. Je me mords la lèvre, j'avais plus fait ça depuis sept ans. Je peux qu'avoir imaginé ça, c'est pas possible autrement.

Je quoi ? J'ai du mal entendre ... Il m'a dit que je lui ai manqué ... Un petit sourire, mal assuré et je décide de finir ma bière en cul sec. Tant qu'on en est aux aveux, hein ? Je repose le verre sur la table en bois et relève les yeux vers lui. J'inspire profondément, alors que mon cœur s'emballe à nouveau. Va falloir qu'il apprenne à se calmer celui-là.

"Toi aussi Tom."

Et c'est tout ? Juste ça ? Non, non, c'est pas possible. Tu sais quoi ? Je m'en fous, okay ? Je m'en fous, il peut me repousser tant qu'il voudra, il peut même me gifler si ça lui fait plaisir. Peut-être que j'attends que ça depuis sept ans en fait ? Peut-être que c'est tout ce que je mérite pour avoir été un salaud capable d'abandonner tous ceux qu'il aimait pour aller crever tout seul dans son coin ? D'une main, je vais chercher l'une des siennes, celle qui reposait sur la table, non loin de son verre. Ce contact m'électrise. Mes poils se dressent sur tout mon corps, je les sens. Mes bras, mes jambes. La boule que j'ai dans le ventre, j'ai l'impression qu'elle a grossi. Je déglutis et le regarde à nouveau dans les yeux. Fut un temps, on se comprenait d'un simple regard. J'aimerais tellement que cette époque ne soie pas révolue, qu'aujourd'hui encore il sache lire en moi. Qu'il voie dans mes yeux tout ce que je ressens maintenant et qui est tellement difficile à décrire avec de simples mots. Putain. Je crois que je l'aime.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 22 Déc 2014, 02:56

Les quelques mots qu'il avait lui-même lâche, comme un con, l'avaient mis dans un état de panique étrange. Il ne savait plus à quoi s'attendre, ni même vraiment ce qu'il espérait. Il savait bien qu'à un moment ou à un autre, Ryan finirait par se lever et qu'il l'abandonnerait là une nouvelle fois. C'était normal. On ne pouvait pas avoir foutu sa merde pendant des mois et revenir la bouche en cœur après sept ans en espérant que tout redevienne comme avant, mieux qu'avant même puisqu'ils avaient grandi et qu'ils étaient aujourd'hui en mesure de savoir où ils allaient. C'était un scénario de conte de fée tout au plus, sauf qu'à son âge, il n'y croyait plus vraiment. C'était dommage pourtant... Qu'il aurait aimé revivre ne serait-ce que l'un des instants qu'ils avaient autrefois partagé. Juste une fois... Au moins leur premier baiser, peut-être... C'était idiot mais il y repensait toujours avec une nostalgie toute particulière. Le goût de ses lèvres, même si elles ne lui appartenaient pas vraiment, l'avait particulièrement marqué. L'envie de le posséder tout entier, peut-être aussi. On ne pouvait pourtant pas dire qu'il s'agissait réellement de son premier amour pourtant. Peut-être seulement celui dont il avait été le plus amoureux ? Peut-être...

C'était une histoire dont il n'était pas ressorti indemne, dans tous les sens du terme. Il y avait eu tellement de bas que c'en était indécent, c'était de la pure folie que de vouloir remettre le couvert après tout ce temps. Mais d'un côté, il y avait tellement de hauts... Des moments merveilleux dont il se rêvait encore souvent, se réveillant haletant et perturbé au milieu de la nuit avec l'irrépressible envie de le retrouver tout en sachant que c'était impossible. Il avait tellement appris à ses côtés. En y repensant bien, c'était très certainement l'histoire qui le caractérisait lui tout entier. Elle n'avait jamais eu le moindre sens mais elle était sincère et passionnée, seulement habitée par des sentiments, un peu fous et flous parfois... Ils s'étaient tout fait, clairement. Il était même difficile de trouver une crasse qu'ils n'avaient pas testé. Mais ça n'avait jamais empêché l'amour de s'installer plus fort encore. Etrange, en fin de compte... L'avoir laissé partir avait été la plus belle connerie de son existence. Bien sûr, sur le coup, il n'avait rien trouvé de mieux mais n'était-il pas évident qu'ils finiraient un jour par se retrouver, pour mettre un véritable terme à ce qu'ils avaient commencé ? Et cette fin-là, elle était loin d'arrivée un jour. S'il n'avait pu l'oublier jusque là, ça n'allait certainement pas changé de si tôt. Il avait certes eu une véritable histoire avec Sam, qui n'avait pas duré des lustres d'ailleurs, et avait vaguement eu quelques flirts par la suite, mais rien ni personne n'avait réussi à lui faire tourner la page, à lui faire admettre que Ryan n'était que de l'histoire ancienne. C'était tellement faux... C'était une pause, un break un peu plus long qu'il l'avait imaginé, rien d'autre. Rien d'autre...

Finalement, il termina sa bière d'un trait, lui laissant tout le loisir de penser qu'il allait prendre la fuite d'une seconde à l'autre. C'était cool, à la prochaine, tout ça... Et lui resterait comme un imbécile à regarder la porte en espérant qu'il revienne. Mais il ne reviendrait pas, non, bien sûr. Qu'il aurait aimé clairement savoir ce qu'il avait pensé quand il l'avait vu débarquer dans sa vie après des mois et des mois, à lui parler comme si de rien n'était, comme s'ils ne s'étaient jamais quitté... Mais il ne lui avait rien dit, et encore à l'instant, il ne pouvait que se baser sur des hypothèses qu'il ne lui confirmerait jamais. Un nouveau soupir. Il ne voulait pas le voir partir. Plus maintenant alors qu'il commençait seulement à avoir l'impression, forte et imposante, de le retrouver vraiment. Et puis merde, au point où il en était, il le retiendrait ! Qu'il essaye de déguerpir, tiens ! Il le rattraperait, le supplierait de ne pas le laisser une fois de plus... Non. C'était ridicule. Il n'allait pas tomber aussi bas tout de même. Sa gorge se serra. Il essayerait de le retenir... Il essayerait. Le verre de Ryan revient sur la table dans un bruit qui lui semble assourdissant et ses yeux se lient de nouveau au sien. Il est là, pour l'instant, toujours là.

Sa réponse, finalement, ne se fait pas réellement attendre. Et quelle réponse ! Le regard du guitariste se perdit quelques secondes dans l'observation de son vis-à-vis, comme s'il s'attendait à l'entendre ricaner avant de lui demander s'il était vraiment assez stupide pour y croire mais visiblement, ça ne venait pas. Peut-être n'avait-il pas réellement envie de se venger dans le fond ? Comment pourrait-il en être sûr de toute manière ? Il ne comprenait rien à ce qu'il se passait depuis qu'ils s'étaient adressé la parole. Il savait juste que depuis qu'il était de retour dans sa vie, il lui était incroyablement plus difficile de faire comme s'il ne ressentait rien, comme s'il le laissait indifférent... Putain comment avait-il pu faire semblant si longtemps ?! Sans prévenir, la main de Ryan vint chercher la sienne. Ce simple contact lui fit l'effet d'une bombe. D'agréables frissons le parcourent tout entier, glissant avec amusement jusqu'à chacun de ses membres. Sans qu'il ne puisse s'en rendre compte, ses lèvres se fendirent d'un sourire rassuré, comme s'il avait enfin la certitude que tout irait bien pour la suite. Il n'en savait fichtrement rien en réalité, le brun se barrerait bientôt pour retrouver sa vie, tandis que lui reprendrait le chemin de la sienne en gardant en tête ces instants volés, plus précieux que tous ceux qu'il n'aurait jamais. Ses doigts resserrèrent leur emprise sur cette main qu'il avait tant attendue. Il ne voulait plus la lâcher. Plus jamais.

« Tu es le pire abruti que je connaisse, Ryan. » déclara t-il d'une voix où ne perçait aucune animosité, juste un soulagement immense. « Tu n'as même pas idée du bordel que ton départ a foutu. J'ai vraiment cru que tu reviendrais jamais. Je te jure que tu mérites des baffes. »

Il lui serra de nouveau la main, un peu plus fort dans l'espoir qu'il comprenne par ce simple geste à quel point il pouvait l'aimer, à quel point il était heureux de le revoir, à quel point il souhaitait qu'il reste auprès de lui jusqu'à la fin des temps maintenant qu'il y était revenu de son plein gré... Il croisa de nouveau son regard et son sourire s'agrandit de plus belle. Les vieux s'étaient barrés et le serveur était occupé derrière le bar à essuyer des assiettes ou quelque chose comme ça. Tout le monde se foutait royalement d'eux, et pour le coup, il se foutait royalement du monde également. Comme avant. Comme quand il n'y avait plus qu'eux et leur bulle si douce et rassurante. Enfin... Il était de retour, c'était tout ce qui comptait, peu importe pour combien de temps, ce répit était tout ce qu'il pouvait souhaiter pour l'instant. Qu'importe s'il partait demain, ou après-demain, il était prêt à prendre le risque de s'en mordre violemment les doigts plus tard pour un peu qu'ils passent ce moment ensemble. Il serra sa main une dernière fois et finit par la lâcher, retrouvant le contact froid de son verre. Il le porta de nouveau à ses lèvres, en but une longue gorgée et reposa à nouveau son regard sur lui.

« Je ne sais pas combien de temps tu restes exactement, et j'ai aucune envie de le savoir maintenant, mais je t'interdis de passer ne serait-ce qu'une seule seconde sans moi. Je connais ton hôtel maintenant, j'hésiterai pas à aller te chercher s'il le faut. »

Il ne put s'empêcher de rire discrètement à sa propre connerie, même s'il s'en connaissait très bien capable, et termina son Coca. Jamais aller chercher lui-même un truc égaré ne lui aura été aussi bénéfique...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 22 Déc 2014, 11:45

Je nous revois encore nous aimer comme des fous. Nous aimer tellement que c'en était devenu malsain et même dangereux. Il s'agit pourtant de ma seule histoire sans aucun faux-semblant, sans l'hypocrisie environnante aux amourettes de jeunesse. On voulait se dire merde, on se disait merde. C'était peut-être plus sain qu'autre chose finalement, non ? On s'aimait sans doute trop, mais qu'est-ce que ça peut signifier, trop aimer quelqu'un ? Vouloir donner sa vie pour passer quelques moments supplémentaires en sa compagnie c'est sans doute super dangereux et vraiment inconscient, mais c'est magnifique. Pour l'opinion commune, Romeo et Juliette est la plus belle des histoires d'amour. En quoi la nôtre était-elle différente ? Nous aussi, on a connu des obstacles, et combien de fois avons-nous essayé de mettre fin à nos jours par amour ...

J'ai l'impression que nous sommes ici depuis tellement longtemps qu'il sera bientôt l'heure pour moi d'aller récupérer mes affaires et de rentrer à Munich. Mais j'en ai pas envie. Pas maintenant. La conversation commence à peine à devenir intéressante et il faudrait que je parte ? Oh non ! Je veux connaître la fin. La fin de cette conversation, la fin de notre histoire peut-être ? Après cette espèce de pause qui n'aura duré, finalement, que sept petites années. Et si ? Et s'il ne s'était agit que d'une pause, une longue pause pour reprendre nos esprits, faire nos propres expériences et repartir sur le meilleur pied possible ? Un jour, alors que j'avais encore manqué de mourir, j'avais dit à Tom que sans moi, il aurait refait sa vie. Ce à quoi il avait répondu, je m'en souviens alors que j'ai tenté de tout oublier, comme quoi la mémoire sélective, il avait donc répondu "Ryan... J'veux pas, j'peux pas ! T'es ma vie !" La question qui se pose alors est la même que tout à l'heure, est-ce toujours d'actualité ?

Lorsque ma main prend la sienne, j'ai l'impression d'être à nouveau en présence de celui qui m'a tant manqué, pour de bon. Je le retrouve, je le connais à nouveau. Je vois son sourire et ne peux m'empêcher d'en faire un à mon tour. Je me mords légèrement la lèvre inférieure alors que sa main enserre la mienne. J'ai plus dix-huit ans, j'en ai quinze. On est timides. C'est quoi ce bordel ? On était plus entreprenants y'a sept ans. Et en même temps, c'est tellement normal. On s'est perdus et retrouvés tellement souvent que je crois qu'on n'a plus envie de faire la même connerie. J'peux tellement nous comprendre.

Ah, je savais que je méritais des baffes ! Comment aurais-je pu ne serait-ce que soupçonner ce qu'a fait mon départ ? J'ai mis un tel point d'honneur à ne plus contacter personne et ne même plus y penser que je pouvais même pas imaginer. D'ailleurs, à l'heure qu'il est, je ne sais toujours pas ce que mon départ a provoqué et ce serait bien prétentieux d'essayer ne serait-ce que de le supposer. Pour l'abruti, ça, j'le savais. Et j'dois avouer que bien sûr, moi non plus je pensais pas revenir un jour. Comme quoi, tout arrive.

"J'suis désolé Tom ... J'ai pensé qu'à moi dans cette histoire. J'allais bientôt crever, j'voulais pas que vous en soyez tristes. J'voulais pas que vous vous souveniez de moi comme d'un tas d'os qui sait plus de déplacer car il a plus d'anticorps. J'préférais vous savoir en colère contre moi, en fait."

Mais bien sûr, je suis pas mort. Mes thérapies m'ont donné envie de m'accrocher. J'ai eu tellement de chance que la trithérapie fonctionne que je me serais pensé cocu si j'avais eu quelqu'un. Quoique, Tom était bien avec Sam à ce moment-là, non ? Ne pas penser à ça. Tom et moi c'est terminé depuis bien avant mon départ. Enfin, apparemment il m'en tient pas tant rigueur que ça. On n'était pas foutus de s'en vouloir réellement, à l'époque. C'était pour la forme, et puis on était impulsifs. Si je l'étais toujours autant, ça ferait belle lurette que je lui aurais sauté dessus et que je le maintiendrais pour plus qu'on se sépare jamais.

Je me fous du monde autour. Il n'y a plus que lui, moi, et nos mains liées. Son sourire, tellement rassurant. Ça me fait tout chaud dans la poitrine, comme si on venait de foutre le feu à cette boule que je me trimbale depuis que je l'ai vu dans sa voiture. Et c'est tellement bon putain ! Il serre ma main, une simple pression, mais je me sens revivre. Lorsque j'ai commencé le traitement, ils me disaient qu'on sortait mieux si on avait une pensée agréable. Un peu comme pour un Patronus dans Harry Potter quoi. C'était lui, ma pensée agréable, nos moments ensemble, ces merveilleux moments gravés au fond de moi, même quand je pensais les avoir perdus.

Il serre ma main, à nouveau et la lâche. Je baisse les yeux sur mes doigts, une sensation de froid, de gel. Comme s'ils se sentaient seuls maintenant que la main de Tom a déserté. Mais faut que je me calme. C'est pas parce qu'on s'est manqué mutuellement que ça y'est, c'est la fête du slip et qu'il ressent pareil que moi. D'ailleurs, ces pressions, c'était peut-être juste pour me rassurer. Bon voilà, on est bien là, mais dans deux jours, bye bye et chacun à la maison. Non. Je veux pas ça. Je l'ai retrouvé, je veux plus jamais partir, plus jamais rentrer. Je me fous royalement de savoir si c'est immoral, si c'est digne ou pas de mes 24 ans et si j'ai l'air d'être un enfant gâté. J'm'en tape, sérieux. A ses côtés, je veux plus avoir vingt-quatre ans, je veux plus être moral, je veux suivre mes instincts et mes instincts me disent que je dois passer ma vie avec lui.

De toute évidence, je suis pas le seul à pas vouloir le quitter ... Non, non, Ryan, calme-toi. C'est pas parce que t'as pas réussi à passer au-dessus, à tourner la page, à vivre tout seul, qu'il en est de même pour Tom. Et le fait qu'il veuille pas te quitter pendant ton petit week-end ne veut absolument rien dire, même si tu penses le contraire. Tête de linotte. Comment, dis-moi comment, pourrait-il vouloir encore de toi après tout ce que tu lui as fait subir ? Tu l'as entendu toi-même, t'as foutu le bordel en te tirant comme un voleur. Mec, reprends-toi !

J'ai pas envie de me reprendre. J'ai envie de faire ce que je veux, merde. Et si j'me prends un mur, j'm'en bats les couilles, j'me prendrais un mur. Une bonne fois pour toute, mettre fin à tout ça, que j'puisse plus rien m'imaginer et que je puisse enfin me trouver quelqu'un qui voudra de moi. Et si j'me prenais pas un mur ?

"J'ai pas l'intention de te quitter."

Merde. Comme ça au moins. Si j'avais encore eu de la bière, j'aurais sans doute essayé de me noyer dedans. J'ai tellement envie d'une cigarette que c'en est indécent. J'ai le cœur qui bat vite, comme s'il essayait de partir pour ne pas assister au carnage que cette phrase va déclencher. J'l'aurais bien cherché. J'ai pas du tout l'intention de le quitter, ni maintenant, ni lundi, ni jamais. Je veux retrouver Tom, retrouver Gustav aussi, mais plus important retrouver Tom. Pour de vrai, pas entre deux avions, pas comme ça. Je veux pas boire une bière et ne plus jamais le revoir. Parce que je sais, et il sait aussi, que si je pars, ce sera terminé, à tout jamais. Jamais le destin ne nous donnerait d'autre chance. Il aurait d'ailleurs été bien sot de le faire. Si on sait pas prendre le moment lorsqu'il nous est offert, on ne peut pas blâmer le destin de ne plus nous faire de tel cadeau. Si ?

J'ai envie de lui dire, de lui dire que je l'aime et que je n'ai jamais cessé de l'aimer, de penser à lui. Lui dire que je veux le serrer dans mes bras, goûter à nouveau à ses lèvres. Vivre, enfin. Lui dire que j'en ai assez de faire semblant, assez d'essayer de penser que tout ceci n'est jamais arrivé, assez de me faire croire que j'en ai fini. Lui dire de mettre les choses aux clair dès maintenant, de me dire ce qu'il en est de son côté, que je sache bon Dieu ! Mais je peux pas l'agresser comme ça. Alors je me tais et joue négligemment avec mon verre, tandis que mes yeux détaillent son visage. Je suis pas discret, et alors ? Je fais encore ce que je veux ! Et s'il m'envoie chier, je saurais à quoi m'en tenir.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 22 Déc 2014, 22:25

Grandir, être responsable, savoir faire la différence entre ce qu'il fallait faire et ce qu'il voulait faire, voilà tant de choses qui auraient dû être en tête des priorités du guitariste à cet instant-là mais il fallait bien reconnaître qu'il en était loin. Pourquoi faire ? La vie savait pertinemment qu'en ayant mis Ryan sur son chemin, elle l'en pousserait bien loin, comme sa simple présence l'avait toujours fait. Dans une moindre mesure, bien sûr, il n'avait aucune envie d'essayer de se jeter sous les roues de la première voiture qui passait s'il ne venait qu'à réaliser pleinement que, dans quelques heures, il n'y aurait plus rien comme il aurait pu le faire quelques années plus tôt, mais il n'avait pas non plus envie de chasser les sentiments toujours grandissants qu'il pouvait bien ressentir pour lui simplement parce qu'il risquait de souffrir plus encore lorsqu'il repartirait. Ca n'avait plus aucune espèce d'importance. Sept ans à faire semblant, c'était probablement suffisant. Pour deux heures ou deux jours, qu'importe, il fallait cesser cette comédie ridicule. A moins, bien sûr, de se faire méchamment rembarrer... Enfin, pour ça, il fallait encore avoir le courage de faire quoi que ce soit qui puisse mériter un râteau, et c'était pas forcément au programme à l'heure actuelle. Il aurait l'air bête s'il disait le moindre truc de travers et qu'il se faisait la malle en moins de temps qu'il ne lui en faudrait pour le dire. Il avait admis qu'il lui avait manqué, limite qu'il était revenu ici dans l'espoir de le croiser – ou c'était en tout cas comme ça que son pauvre esprit déjà mal en point par sa réapparition soudaine l'avait compris – mais ce n'était pas pour autant qu'il devait forcément avoir envie de retomber dans une histoire idiote avec un crétin d'ex qui n'avait pas fait grand chose pour leur bien du temps où ils étaient ensemble.

Quelques années plus tôt, à peine leurs regards se seraient-ils croisés qu'ils se seraient sautés dessus sans prendre la peine de se dire bonjour, ni même d'essayer d'entretenir une conversation bancale, pleine de questions réelles qu'ils n'osaient pas vraiment se poser. Tom sourit légèrement à l'idée qu'ils avaient parcouru beaucoup de chemin, que le changement était tout de même important. Jamais l'idée que ça puisse être simplement parce que Ryan avait purement et simplement envie de garder ses distances ne lui traversa l'esprit. Ca lui reviendrait sûrement bien vite en tête, quand il se retrouverait devant des hésitations insurmontables pour des raisons qu'il ne connaissait pas encore, tiraillé entre l'envie d'être tout à fait honnête avec lui et la crainte de le décevoir une fois encore. Et s'il finissait par achever toute envie, chez son pauvre interlocuteur, de tenter quoi que ce soit avec lui, ne serait-ce que pour un après-midi, ou une soirée ? Qu'il se rendait simplement compter qu'il n'avait strictement pas évolué, que c'était toujours le débile qu'il avait connu alors que lui, de toute évidence, avait pris en maturité ? C'était vrai, ça. Il semblait bien plus posé, bien plus calme qu'il l'avait été autrefois. Plus sûr de lui peut-être. Il n'était pas certain que tout ça soit vrai, comment l'aurait-il pu, mais il en donnait véritablement l'impression. Bien sûr, il y avait des instants où cette image-là s'effritait un peu, mais elle finissait par se refaire, intacte.

« Tu sais aussi bien que moi que t'as été pardonné depuis des lustres. T'aurais juste... Pu donner des nouvelles. Des fois. Au moins à Gus'... » reconnut-il lentement, comme s'il cherchait ses mots. « Que t'aies voulu me rayer de ta vie, c'était compréhensible, clairement. J'dis pas que je t'ai pas un peu détesté pour ça, c'était plus simple que d'avouer que c'était de ma faute, mais ok, c'était totalement justifié, pire que ça même, j'ai été le dernier des salauds avec toi. Mais lui... ? »

Il secoua doucement la tête, sachant très bien qu'il se mêlait de ce qui ne le regardait pas, et s'accrocha de plus belle à la main de Ryan, comme s'il craignait que ces quelques reproches ne lui donnent soudainement envie de partir. D'un autre côté, ce n'était pas vraiment des reproches, puisqu'il se reprochait plus de choses à lui-même qu'au jeune homme, il n'y avait rien à prendre mal, enfin à ses yeux en tout cas. Mais il n'avait sûrement pas envie de l'écouter se plaindre de l'absence et du silence qu'il leur avait laissé. Il n'était probablement pas revenu pour ça. Il ouvrit la bouche, décidé à s'excuser, à lui demander de ne pas faire attention à ces derniers mots mais il finit par y renoncer. C'était ridicule. Il n'allait pas commencé à appréhender ses réactions dès qu'il disait quelque chose. Il n'avait jamais été question de ça, entre eux. On était sincères, on se disait clairement ce qu'on pensait et de la manière dont on le pensait et on improvisait par la suite pour essayer de limiter les dégâts. S'il y avait bien un truc qui ne devait pas changer, c'était ça. Il ne voulait pas avoir l'impression de marcher sur des œufs, de tourner ses phrases dans tous les sens pour qu'elles aient l'air plus ronde qu'elles ne l'étaient en vérité... Ca n'avait jamais été « ça », leur relation, et c'était certainement ce qui les avait aidé à s'y attacher autant. Il n'avait sûrement jamais été aussi lui-même que durant les mois qu'il avait passé auprès de lui. Bon, vu les conneries qu'il avait enchaînées, ce n'était peut-être pas qu'un bien, mais au moins, il n'avait jamais eu peur d'être jugé, ou craint qu'il finisse par se lasser. Quand quelque chose n'allait pas, on le disait. Simplement...

Le regret d'avoir lâché sa main s'installa au moment-même où il n'y eut plus le moindre contact entre eux. Il fallait bien le faire, de toute façon. Tôt ou tard, il aurait été obligé de l'abandonner, de supprimer ce lien. A la fin de la soirée... Le lendemain matin peut-être, il n'en savait trop rien... Dans tous les cas, ça allait arriver bien assez tôt, et il n'avait pas envie de reprendre des habitudes qu'il lui faudrait perdre aussitôt. La douce chaleur qui s'était emparé de lui à son toucher s'envola sur le champ et Tom frissonna, de froid cette fois. Ses os semblaient gelés, son sang ne donnait plus l'impression d'essayer de le réchauffer. Peut-être avait-il juste espéré que Ryan prendrait la relève, comme il l'avait toujours si bien fait auparavant ? Il baissa les yeux, presque honteux d'avoir ressenti une telle différence face à un si infime changement. De quel droit pouvait-il espérer le récupérer, même uniquement pour un moment, alors qu'il n'avait jamais pensé une seule fois au mal que leur relation avait pu lui faire, au mal qu'il avait pu lui faire lui ? Il n'avait plus le droit de souhaiter quoi que ce soit, plus le droit de l'aimer comme il l'avait toujours fait, voire même plus le droit d'oser prier pour que toutes ses idiotes pensées soient partagées... Il aurait dû le laisser tranquille, rester distant, content de le voir bien sûr mais indifférent à tout le flot de sentiments qui le submergeait depuis qu'il s'était arrêté devant lui. Faire un trait sur tout ça. Sur lui. Sur eux. Il revit sans mal les larmes qui avaient si souvent coulé sur les joues de son pauvre amant et son cœur se serra un peu. Bien sûr qu'il en avait envie, mais ça n'était pas raisonnable. Pour Ryan, c'était dangereux. Pour lui... Ca n'avait aucune importance. Il était prêt à se brûler pour quelques heures à ses côtés, comme avant.

Sa voix raisonne de nouveau dans le bar désert, avec toujours plus d'impact. Sa respiration s'accéléra brusquement, tant que ça devait même se voir physiquement. Les lèvres légèrement entrouvertes, cherchant l'air là où il pouvait le récupérer, le guitariste fixait son homologue avec insistance, peinant à réaliser pleinement. Cette simple phrase, qu'il aurait pu comprendre d'un million de manières différentes, venait de faire voler en éclats les espèces de bonnes résolutions qu'il cherchait vainement à prendre pour le protéger. Il n'avait pas l'intention de le quitter. Putain que c'était délicieux à entendre ! Il n'avait tellement pas envie qu'il le quitte non plus. Mais c'était insensé, ils le savaient tous les deux. Qu'est-ce qui leur disait que les choses avaient changé réellement ? Ce n'était pas parce qu'ils étaient mal à l'aise, là, malmenés par une intimité qu'ils n'avaient plus l'habitude de partager qu'ils ne se déchireraient plus. Ils se connaissaient suffisamment pour savoir qu'une seule soirée serait suffisante pour retrouver leurs vieux démons et faire de leur vie un enfer... Est-ce que c'était si grave ? Est-ce que c'était un risque trop grand pour avoir envie d'essayer de passer au travers quand même ? Son rythme cardiaque s'affola tandis qu'il gigotait un peu nerveusement sur sa chaise. C'était idiot. Ce n'était pas une bonne idée... Sans réaliser pleinement ce qu'il faisait, Tom se redressa, manquant de faire tomber son verre, et se pencha par dessus la table pour déposer chastement ses lèvres sur celles de Ryan. Si elles avaient encore le goût de la bière qu'il venait de boire, il n'avait aucun mal à reconnaître, derrière, celui qu'il leur avait connues si longtemps auparavant. Une très mauvaise idée... Son geste ne dura qu'une seconde à peine avant qu'il ne prenne conscience de ce qu'il était en train de faire. Il fallait qu'on l'achève, sérieusement. Il ouvrit de grands yeux, choqué par ce qu'il venait lui-même de faire et se laissa retomber lourdement sur son siège, prenant bien soin ne pas croiser le regard du jeune homme. Il allait se lever et disparaître. Et ce serait uniquement de sa faute. Encore une fois...

« Je... Je suis désolé. Vraiment. Je sais pas ce que... Désolé. Désolé... »

Les joues brûlantes, tant de honte que d'envie, il hésitait à prendre lui-même la poudre d'escampette avant d'avoir à subir sa colère. Il n'était pas revenu pour ça. Bien sûr que non... S'il avait eu envie, un jour, de reprendre contact, voilà qui était désormais terminé, et il n'aurait plus désormais qu'à s'en mordre les doigts...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Lun 22 Déc 2014, 23:40

Et si, par exemple, j'en avait rien à foutre de ce que je devais faire ? Si, au lieu de penser que je devrais faire quelque chose, je pensais que j'ai envie de faire quelque chose ? Parce que quand je suis parti, c'est pas tellement l'envie qui m'y a poussé hein ! Qu'on se méprenne pas. Je voulais tout sauf aller crever seul. Partir à plusieurs, pourquoi pas, ouais, j'aurais dit banco. Mais tout seul, sérieusement ? Qu'est-ce qu'il peut bien y'avoir comme foutu plaisir à se tirer seul en se coltinant une putain de maladie qui bousille nos anticorps, hein ?! Aucun, bien sûr. Non, je suis parti parce que je le devais. Est-ce que j'avais le droit de leur faire subir le poids de mes conneries ? Encore une fois, non, bien sûr.

Je savais qu'à un moment donné, il en viendrait à parler de Gustav. Bien entendu. C'est l'un de ses meilleurs potes, c'est mon frère, on fait vite le rapprochement avec mon départ en coup de pute. Mais sincèrement, j'aurais préféré qu'il ne le fasse pas. Qu'il garde sa question pour lui. Qu'il me reproche pas d'avoir donné aucune nouvelle, parce que franchement, j'ai besoin de personne pour ce genre de réprimande. Je suis tout à fait conscient que c'est la plus belle connerie que j'aie jamais faite. Plus encore que d'avoir fait confiance à Louis, plus encore que d'avoir laissé Tom à je ne sais combien de reprises, plus encore que d'avoir tenté de me donner la mort tellement souvent que je me souviens même pas de toutes mes tentatives, et plus encore que d'être parti. Alors merci bien, mais on passera là-dessus hein.

"Je voulais que vous détestiez tous. J'ai jamais donné de nouvelles parce que j'étais sûr de crever à un moment ou un autre. Et quand j'ai commencé les thérapies, je ressemblais tellement à rien que j'avais peur de vous effrayer. Et puis, j'voulais pas que vous soyez tristes, le jour où vous apprendriez que j'étais mort."

Oui c'est glauque, non c'est pas gai, mais c'est ce que je ressentais. Je baisse les yeux sur nos mains encore enlacées. Je souris en coin. Ma voix est basse.

"Faut me comprendre Tom. Je vous aimais tellement ..."

Je relève les yeux. Sa main a disparu. A la place, c'est comme si son fantôme était resté et glaçait ma main. Je déteste cette sensation. J'ai froid maintenant, et j'aime vraiment pas ça. Sérieux, ça me soûle d'avoir froid. Encore une fois, je prendrais bien une bière. Non Ryan, tu vas te calmer avec l'alcool. Je me souviens des litres d'alcool qu'on s'enfilait, à l'époque. De tout, peu importait. On mélangeait, on buvait et on rebuvait. On vomissait et on recommençait. C'était mignon de voir à quel point il s'inquiétait quand je rentrais bourré à la maison. J'avais l'impression de redevenir un enfant, que j'étais protégé par le grand Tom, l'homme de ma vie.

En tous les cas, je suis heureux de l'avoir retrouvé, tel que je l'ai laissé. Toujours aussi concis et direct. N'allons pas tourner autour du pot, à quoi ça pourrait bien servir ? J'ai retrouvé mon Tom, et je souris à nouveau. Je ne veux pas le quitter, non. Je veux le prendre dans mes bras, le serrer fort contre moi, laisser sortir à quel point je l'aime et j'ai été con de partir, et encore plus de resurgir maintenant, sept putains d'années après, et encore même sans le faire réellement exprès. J'ai envie de lui dire que je ne veux plus partir, que j'enverrai un mail à mon proprio et que je lui rends mon appart' à Munich. Viens, on s'en fout. Viens, on a dix-huit ans. Viens, on se marie, on le dit à personne et on fait une belle surprise à nos frères en rentrant ! Mais non, bien sûr, je garde tout pour moi. J'vais finir par exploser moi, si ça continue comme ça.

J'entends le tintement du verre avant de prendre conscience de Tom, en train de se lever. Mon cerveau a buggé je crois. J'ai pas le temps de lier tous les événements entre eux -Tom qui se lève, qui fait presque tomber le verre, qui se penche au-dessus de la table, qui pose ses lèvres sur les miennes- que déjà tout est terminé. Est-ce que je l'ai rêvé ? Non, bien sûr que non. Sinon, il serait pas dans cet état. Le même que moi, en fait. Respiration saccadée, joues teintées d'un merveilleux rouge, j'ai presque l'impression d'entendre son cœur battre. Ah non, c'est le mien ça. Désolé ? Trois fois ? Comment peut-il me demander de l'excuser d'avoir fait la seule chose que je me refuse à faire depuis quoi ? Une demie-heure, au moins ? Que je me refuse à faire, donc, parce que je veux pas qu'il m'envoie sur les roses. A moins qu'il le regrette déjà ?

J'en peux plus. Sérieux, j'en peux plus, je bouillonne. Ça fait combien de temps qu'on est là ? Suffisamment longtemps non ? On a assez perdu de temps en papotage et autres fioritures conversatoires ? Oui, sans aucun doute. Décidé, je me lève à mon tour. Je prends le temps de regarder son visage, ses joues rougies sans doute par une honte qui n'a pas lieu d'être. Je m'assieds sur sa banquette. La proximité. Nous sommes bien plus proches que ce que nous l'étions dans la voiture. Là, pas de levier de vitesse ou de frein à mains pour nous séparer. Je déglutis et prends mon courage à deux mains. Enfin non, je prends une de ses mains à une main, et donc mon courage de l'autre. A mon tour, je pose mes lèvres sur ses siennes. Goût sucré du Coca. J'ai toujours trouvé ses lèvres sucrées, sans doute parce qu'il buvait bien plus de Coca que ce qu'il est recommandé. Je sais pas s'il en a envie aussi. Mais s'il en avait pas envie, il m'aurait pas embrassé le premier. Oh et puis fuck it, je profite !

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Mar 23 Déc 2014, 00:53

La réponse de Ryan ne se fit pas attendre. Il n'avait pas l'air énervé, ni même de véritablement lui en vouloir d'ailleurs, mais ses mots se faisaient durs, comme pour bien lui faire comprendre qu'il n'avait pas besoin de lui pour ce genre de choses. Avait-il seulement encore besoin de lui ? Rien n'était moins sûr... C'était sûrement qu'une passade, le fait de se retrouver là lui donnait l'impression de revenir quelques années en arrière, comme c'était son cas également, rien de plus. Ils sortiraient, se quitteraient et oublieraient tout ça. Non, bien sûr qu'il n'y croyait pas mais ce n'était qu'un détail. Il savait très bien qu'il n'oublierait rien de cette conversation, de la gêne tenace à sa main dans la sienne, des mots troublants qu'il avait bien pu lui dire à la sensation d'être prêt à tout pour le récupérer. Il y avait d'énormes chances qu'il passe sa nuit à fixer le plafond, réécoutant chaque mot, revivant chaque geste, ressentant chaque pensée comme s'il n'y avait plus que ça. Et cette nuit et les autres. C'était peut-être la plus grosse erreur de son existence que d'avoir été suffisamment stupide pour vouloir reprendre une place, aussi infime soit-elle, dans sa vie, de s'être laissé aller à envisager l'inenvisageable tout en ayant parfaitement conscience des risques qu'il encourait à le faire. Des années, sept putain d'années qu'il n'avait pas réussi à tourner la page, que chaque semaine lui ramenait son lot de souvenirs comme pour être sûre qu'il ne s'en déferait jamais, des années qu'il faisait de son mieux pour s'en accommoder et voilà qu'il plongeait tête la première dans la certitude de ne plus parvenir à l'oublier un jour. Et pourtant, même s'il avait eu la possibilité de revenir en arrière, de ne pas poser les yeux sur lui aujourd'hui, de ne pas s'arrêter, de continuer son chemin le plus normalement du monde, jamais il n'aurait eu le courage – ou la lâcheté – de changer quoi que ce soit. Il avait pris conscience plus que jamais des sentiments intenses et puissants qui pouvaient l'habiter, de tout ce qu'il nourrissait à son égard depuis tant de temps... C'était effrayant. Grisant.

Les yeux rivés sur le bois de la table, semblable à un gamin en train de se faire disputer, Tom ne bronchait pas. Il avait eu tort, bien sûr. Comme souvent. Il se sentait juste heureux de voir qu'il ne s'était toujours pas levé, qu'il ne s'était toujours pas décidé à l'abandonner une fois de plus. C'était bizarre parce que plus les secondes passaient, plus il s'y attendait alors que tout ce qui se passait autour de lui n'était là que pour le rassurer du contraire. Les douces paroles du brun, son geste, le sourire qui s'était accroché à ses lèvres... N'importe qui aurait fini par accepter l'idée qu'il n'y aurait pas de départ mais lui non. Pourquoi pas une seconde fois, après tout ? Son cœur s'arrêta de battre lorsqu'il reprit. Il les aimait tellement. Sa respiration se stoppa quelques secondes. Là encore, c'était une phrase banale, comme il aurait pu en balancer d'autres, à laquelle il aurait pu trouver d'autres interprétations sans le moindre problème mais il n'y parvenait pas. Il venait, à demi-mot, de lui dire qu'il l'avait aimé. Oh, bien sûr il le savait, il n'en avait même jamais douté mais il ne s'attendait pas à l'entendre là, pas maintenant, pas comme ça. Il respira de nouveau, difficilement. Ce passé, en trop dans cette maudite phrase, pesait lourd sur sa poitrine, essayant vraisemblablement de l'étouffer. Lui l'avait jamais eu envie de lui dire qu'il l'avait aimé. C'était tellement évident. Je t'aime. Juste je t'aime. Mais sûrement que ce n'était plus réciproque depuis le temps... C'était juste le retour d'une pulsion adolescente, l'envie de voir qu'on était toujours en état de posséder l'autre. Et qu'il y arrivait bien ! Une énorme connerie que de se croire suffisamment différent pour pouvoir supporter son existence tout en faisant taire ceux qu'ils étaient. S'il avait su...

Finalement, malgré toutes les hésitations qu'il pouvait mettre en travers de son chemin, ses lèvres avaient fini par rejoindre les siennes. Rien qu'une seconde, une toute petite seconde... Une seconde qui paraissait avoir mis fin à sa vie et pourtant qui le rendait plus vivant qu'il ne l'avait jamais été jusque là. Il fallait qu'il arrête ses bêtises. C'était terminé. Depuis sept interminables années, c'était terminé ! Ils s'étaient séparés avant qu'il disparaisse. Il s'était même marié avant qu'il disparaisse... Il avait, lui-même, décidé de mettre cette histoire de côté pour vivre autre chose, sans savoir vraiment ce que souhaitait Ryan. Il avait joué les imbéciles égoïstes et il recommençait aujourd'hui encore... Sauf que le brun avait très certainement changé, et il y avait bien peu de chances qu'il se laisse faire comme le gamin qu'il avait été avant cela. Il n'était plus maître de rien, c'était une sensation des plus désagréables. Ses gestes avaient même fini par lui échapper. Tout n'était plus qu'un tas de choses floues et incertaines, juste là pour le faire sombrer plus vite et précipiter le départ de son interlocuteur. Et ce fut le moment tant redouté. Celui où, même les yeux baissés, il eut tout le loisir de remarquer son ombre bouger. Se lever. Son monde s'effondra, tout en lui n'était plus qu'un immense vide. Ses mains se resserrent brusquement sur le tissus de son jeans, laissant ses ongles s'enfoncer légèrement dans sa peau. Aucune importance. Dans une poignée de secondes, il entendrait la porte s'ouvrir et se refermer, et bien qu'il lui ait dit qu'il n'hésiterait pas à aller le chercher jusqu'à son hôtel s'il le fallait, il le laisserait tranquille, parce qu'il avait bien mérité de se faire lâcher ainsi...

Contre toute attente, son ombre ne s'éloigna pas. Au contraire, elle se rapprocha doucement de lui, et il finit par voir sa silhouette entrer clairement dans son champ de vision, sa main reprendre la sienne. Il la serra plus fort qu'il ne l'aurait jamais fait. Il était toujours là, ça n'avait aucun sens, c'était complètement stupide mais il était toujours là. Il avait eu toutes les raisons du monde de refuser de prolonger cette entrevue mais il n'en avait pas tenu compte. Il était là... Une seconde plus tard, ses lèvres se retrouvaient de nouveau sur les siennes, comme si elles ne les avaient pas quitté. Une chaleur immense se propagea dans son ventre tandis qu'il l'embrassait plus franchement. Sa tête lui tournait un peu, il manquait carrément d'air mais c'était bien le cadet de ses soucis. Il se recula une fois encore, gêné à l'idée de profiter de ce cadeau qu'il ne méritait pas. Il avait la nausée, son sang battait trop fort à ses oreilles, son cœur résonnait dans tout son corps. Il avait chaud. Horriblement chaud. Il avait peur, aussi, mais il faisait comme s'il ne le savait pas. Peur de ce que serait demain. Des difficultés que son départ prochain lui demanderait de surmonter. Sa main serra de nouveau la sienne tandis que l'autre se posait maladroitement sur son genou. Il se sentait terriblement mal et ridicule. Un pauvre empoté qui découvrait ces gestes-là pour la première fois. Si seulement... L'odeur de Ryan le frappa de nouveau de plein fouet, le faisant fermer les yeux pour en profiter plus idéalement. Juste son odeur, s'en rappeler pour toujours, même une fois qu'il ne serait plus là.

« C'est la plus grosse connerie qu'on peut faire. » souffla t-il sans conviction avant de l'embrasser de plus belle, pressant sa bouche contre la sienne comme si c'était la dernière fois.

Peut-être l'était-ce réellement, il n'en savait rien, à l'instant ça ne lui semblait plus aussi primordial de le savoir. Son cœur avait retrouvé le sien, et même si ce n'était que pour quelques heures, ça en valait largement la peine. Si on lui avait dit qu'en allant chercher un maudit sac égaré, il trouverait sur le chemin l'âme sœur qu'il avait autrefois perdu pour des conneries, il n'y aurait certainement jamais cru mais il fallait bien se rendre à l'évidence : il était revenu.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Mar 23 Déc 2014, 11:56

Il ne réagit pas à ce que je dis. J'aime pas quand il réagit pas. Et s'il en avait rien à foutre de ma gueule, finalement ? S'il était en train de se rendre compte qu'après tout ce temps, il ne ressent rien pour moi, même pas un peu de nostalgie, même la pitié je m'en serais contenté. Faut dire, c'est le sentiment le plus simple à développer en ma présence. Oh le pauvre, il avait le Sida, il s'est tiré pour pas faire de peine à sa famille et ses amis, il est parti tout seul en quittant l'homme qu'il aimait, après l'avoir vu se marier. Oh, le pauvre. Ce que j'ai entendu cette phrase, lorsque je contais mon histoire ! Dans toutes les langues, même celles incomprises, on m'a pris en pitié. Alors finalement, pourquoi serait-ce différent avec lui ? Lui qui, en plus, me connaît par cœur. Mais apparemment il ressent rien, ou alors il le cache bien. Ce serait plus simple à déchiffrer s'il utilisait des mots mais que voulez-vous.

Je me suis fait violence. J'ai utilisé un passé qui n'a pas lieu d'être. Que ce soit mon frère ou lui, je les aime. Mais je peux pas lui dire ça comme ça, après sept ans et une conversation des plus étranges. D'autant que même si c'est toujours effectif aujourd'hui, le passé est justifié par l'histoire que je raconte. Alors on va faire comme si. Mais du coup, il ne sait pas lui. C'est peut-être mieux comme ça ... Bien sûr que non. Je veux pas partir, je veux pas le quitter. Et si "je vous aimais" est la seule justification, c'est un poil bizarre. Non, la justification c'est surtout "je n'ai jamais cessé de t'aimer" bon Dieu ! On dirait que je le gronde. Oh, s'il relevait les yeux vers moi ... S'il me regardait là, maintenant, je ne sais pas exactement ce qu'il pourrait lire dans mes yeux. Sans doute un éclair de lucidité, du fait que je me sois avoué l'inavouable. Peut-être même qu'il arriverait à déchiffrer que j'ai jamais arrêté de l'aimer. Peut-être ... Mais il garde les yeux baissés.

Jusqu'au déclencheur. Jusqu'à son baiser. Jusqu'à ses lèvres sur les miennes. J'aurais aimé pouvoir dire que le temps s'est arrêté à ce moment-là mais ce serait mentir. Ce serait me mentir. Non, j'ai même plutôt eu l'impression qu'il s'est accéléré. J'ai eu le temps de rien, que c'est déjà la fin. Je passe ma langue sur mes lèvres, comme pour m'assurer de ce qui vient de se passer. Puis je me décide enfin, contourne la table et l'embrasse à mon tour. J'ai peur qu'il me repousse, qu'il décide de partir. Qu'il me dise que finalement tout ça c'est n'importe quoi, une erreur, un reste du passé. Que c'était pour mettre fin à tout ça définitivement avant de partir et de retrouver M. X ou Melle Y. Mais non. Il reste là. Quelques secondes supplémentaires. Il appuie ses lèvres contre les miennes et j'implose. La boule dans mon estomac a disparu, envolée, volée par ce baiser. J'ai la tête qui tourne et des souvenirs en masse. J'ai l'impression de revoir très clairement chacun de nos baisers, et j'avoue qu'il y'en a eu sans aucun doute des centaines. Sur un canapé, dans une chambre, dans des toilettes, dans un avion, au Japon, dans la rue, dans un bar, dans une autre chambre, dans un bar, seuls, devant des amis, devant des inconnus, dans un parc ... J'en passe et des meilleurs.

Il se recule finalement, et j'ai froid à nouveau, alors que sa main est posée sur ma jambe. Je souris. Je le veux. Je le veux tout à moi. Je veux lui faire oublier tous ces M. X et toutes ces Melle Y. Je veux lui faire oublier pourquoi il est venu et ne plus se rappeler que de moi. Je veux que même lorsqu'on se séparera, si on se sépare, il ne se souvienne que de moi. Finis les "ça mettra à un terme à notre histoire" et les "peut-être qu'il n'en veut pas". Je m'en tape. Je pense plus à rien, plus qu'à lui et moi, comme avant. Je souris à nouveau lorsqu'il ferme les yeux et inspire. Je connais ce visage, j'appelle ça l'imprégnation. On était les Rois, à l'époque. Bien sûr, j'ai changé de parfum depuis le temps. Apparemment, celui-ci lui plaît tout autant. Je prends note, on sait jamais.

Il me murmure que c'est une grosse connerie. Je suis pas d'accord. Mais je n'ai pas le temps d'exprimer mon désaccord que ses lèvres sont à nouveau contre les miennes. La main qui tenait mon courage le lâche, plus besoin, et va se poser délicatement sur sa joue. J'ai envie de faire ça depuis que nous nous sommes retrouvés. Sa peau est douce, et chaude. Je fais doucement glisser ma main qui se retrouve dans son cou, toujours aussi délicatement. Je frissonne. J'aurais jamais pensé retrouver un jour ces sensations. Je pourrais mourir maintenant. J'en aurais plus rien à foutre, j'aurais passé la fin de ma vie avec lui. Ma seconde main lâche la sienne et va se loger dans son dos. Plus proche, toujours plus proche. Ne plus jamais le laisser, ne plus jamais partir. J'y suis j'y reste, et j'emmerde le monde.

Je mets finalement fin à baiser digne d'un film d'Hollywood. La main dans son cou va récupérer la sienne. Je souris. Je suis niais. Je suis heureux.

"Ma plus grosse connerie a été de te laisser."

Appelez ça comme vous voulez : partir en pute, ne jamais essayer de recontacter, ne même pas vouloir savoir comment ont réagi les gens que vous aimez, je m'en fous. Je l'ai laissé, alors qu'il était marié, alors que je l'aimais. J'ai même jamais cherché à savoir comment il allait. Alors que je me le demandais tellement souvent. Je ne souris plus tellement. Je regarde les verres vides avant de tourner les yeux de nouveau vers lui.

"Je m'en veux tellement.

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Mar 23 Déc 2014, 22:43

Il lui semblait d'un coup que sa vie avait retrouvé un rythme normal, qu'elle était enfin redevenue ce qu'elle aurait dû toujours être. La présence, si proche, de Ryan était la chose la plus naturelle du monde en fin de compte. Ca n'avait pas été très simple à admettre lorsqu'il était entré dans la voiture et s'était installé à ses côtés mais il n'avait plus le moindre doute désormais : il était à sa place, là. Il restait des ombres au tableau, c'était certain, que ce soit l'image des horreurs qu'ils avaient vécu menaçant de revenir au plus vite, ou le départ du jeune homme qui, à en croire la taille du sac qu'il avait été déposé à son hôtel, ne resterait pas des années ici, mais pour l'heure, elles ne lui paraissaient pas insurmontables. Il était là... Que c'était bon de le réaliser ! Et de se le répéter encore et encore... A croire qu'il ne pourrait faire que ça de sa journée. Leurs lèvres peinent à se décoller très longtemps, comme avant. Ils avaient une telle capacité à s'embrasser tout le temps, c'en était presque dérangeant. Il ne se passait pas une heure sans qu'ils ne finissent par se sauter à moitié dessus, se dévorant littéralement comme si ça leur était vital. Ca l'était. Sûrement... Vu le nombre de fois où il avait repensé à ces baisers, où il en avait revécu les plus beaux, les plus mémorables, où il s'était réveillé au beau milieu de la nuit avec un sourire idiot après avoir rêvé qu'il l'embrassait à nouveau, il y avait fort à penser que ça l'était bel et bien... Il n'était pas convaincu que ce soit le genre de choses qui s'oublie facilement, bien sûr, mais n'avait pas d'expérience similaire avec qui que ce soit d'autre. Ryan le hantait, Ryan l'avait toujours hanté. Juste Ryan...

La main du brun vint se poser sur sa joue, l'électrisant totalement, puis glissa lentement sans son cou, lui arrachant sans mal de délicieux frissons. Tom ne contrôlait plus grand chose, seulement poussé par les envies implacables qui le prenaient l'une après l'autre, mais il n'avait jamais tant eu l'impression de gérer parfaitement la situation. D'un autre côté, les dernières années n'en avaient fait qu'à leur tête, lui offrant une vie confortable sans pour être transcendante pour autant, il était bien normal que le destin finisse par se rattraper. Et jamais il ne l'aurait mieux pu. L'autre main du jeune homme finit par lâcher la sienne. L'espace d'une seconde, il se sentit perdu, déboussolé. Son principal repère venait de se faire la malle, le laissant avancer seul dans une direction qui avait encore l'air un peu incertaine. Heureusement, il finit par la sentir réapparaître dans son dos. La surprise fut excellente et, machinalement, il se rapprocha légèrement de lui, remontant doucement sa main jusque sur sa hanche. C'était étrange de se réapproprier, ne serait-ce qu'un minimum, le corps d'un être qu'on avait tant aimé, et surtout qu'on avait perdu si longtemps. Il avait l'impression d'avoir quinze ans, de le toucher pour la première fois. Ses mains tremblaient un peu, elles n'étaient sûres de rien, elles redécouvraient des limites franchies tellement de fois qu'elles n'avaient plus eu de sens jusqu'à aujourd'hui. L'autre vint doucement se poser sur le poignet de Ryan, que ses doigts enserrèrent délicatement, rien qu'un instant avant de reprendre leur place initiale. Il avait presque peur de le casser. Et il n'était aucunement question de maladie, simplement d'avoir failli tant de fois à la protection qu'il lui devait qu'il craignait de recommencer dès à présent. Leur baiser prit fin, et ce fut à contre-coeur que Tom le laissa s'écarter légèrement. Pas déjà...

Maigre consolation, ses doigts retrouvèrent finalement les siens. Sans s'en rendre compte, il se mit à lui caresser lentement le dos de la main alors qu'il le détaillait plus minutieusement qu'il ne l'avait jamais fait. Son sourire lui faisait plaisir à voir, et il ne doutait pas un seul instant que le sien devait avoir l'air au moins aussi heureux. Son cœur continuait à battre tous les records de vitesse mais il n'en avait que faire. Il pourrait bien s'arrêter à l'instant qu'il lui aurait semblé avoir vécu tout ce qu'il y avait à vivre d'important dans ce monde. Ce dernier contact lui avait fait oublier sa vague tentative de raisonnement, si bien qu'il mit plusieurs secondes à comprendre d'où venait sa phrase. Ses joues rosirent un peu plus, déjà colorées par le trouble dans lequel l'avait plongé leur rapprochement. Alors il regrettait vraiment d'être parti ? Ryan détourna finalement le regard, et le sourire du guitariste s'assombrit. Il n'avait pas à s'en vouloir. Plus du moins... De l'eau avait fini par couler tous les ponts et il était bien trop tard pour réécrire cette partie de l'histoire. Sa main quitta sa hanche et vint frôler timidement sa joue, puis son index dessina avec une lenteur extrême et presque subjuguée le contour des lèvres du brun. Il était beau. Il l'avait toujours été. Tom finit par relever les yeux à son tour et plongea sans retenue dans les siens. Qu'il s'y noie, ce serait bien la plus merveilleuse fin possible.

« J'ai été assez con pour te laisser faire, je suppose qu'on est quitte. »

Il avait même eu la bêtise de se marier, de faire sa vie sans lui – ou du moins d'essayer... Il n'avait vraiment aucune raison de s'en vouloir alors qu'il aurait dû lui en vouloir au moins tout autant, voire même davantage. Peut-être était-ce le cas ? Non... Il ne semblait pas en train de lutter contre des années de reproches et de rancune, bien loin de là. Un silence parfait s'était installé sur le bar, seulement brisé par leur respiration respective, même le serveur avait fini par s'effacer totalement. Il n'était peut-être même plus là. Il s'en fichait éperdument. Sa main serra de nouveau celle de Ryan, une pression un peu plus longue que les précédentes, un simple geste qui avait valeur de toutes les excuses et de tous les pardons du monde.

« J'avais pas imaginé que je n'arriverai jamais à t'oublier. »

L'envie de l'embrasser une fois encore commençait à se faire pressante mais il résistait. Ce n'était probablement pas bon de retomber dans ce qui avait été leur relation d'autrefois. Si elle avait été extraordinaire, ils s'étaient surtout brûlés à l'arrivée et il n'avait pas spécialement envie de prendre le risque de tout recommencer. Cette fois, si véritablement fois il y avait, il voulait faire son possible pour le protéger comme il fallait, pour le rendre heureux, lui éviter tous les maux qui avaient été autrefois siens. Être le partenaire qu'il aurait dû être il y avait longtemps déjà...

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MessageSujet: Re: De retour. [PV Tom]   Mer 24 Déc 2014, 00:10

Ses doigts caressent le dos de ma main. C'est une sensation tellement agréable que je ne saurais même pas la définir avec des mots. Une certaine chaleur, comme si la chaleur de sa main s'imprimait à chacun des passages sur ma peau. Un chatouillis aussi, peut-être, comme un souffle d'air égaré. Et surtout, surtout, un sentiment retrouvé, un sentiment enfoui, je le pensais enfoui à jamais, j'avais fait en sorte qu'il le soit, bien sûr. Mais grâce à Tom, grâce à cette rencontre, grâce au destin, le revoilà. Et que je peux aimer ce sentiment. Bien-être. Je l’appellerais comme ça, ouais. Si j'avais à lui donner un nom, bien entendu.

Je me rends seulement compte que sa main repose sur ma hanche. Je l'avais pas sentie. Trop de sensations, je crois que je ne savais plus réellement où donner de la tête. A moins ce qu'il vienne de la poser à l'instant ? Non, non, maintenant que j'y pense, il l'a bien posée là alors qu'on s'embrassait. Oh, quel plaisir de prononcer cette phrase à nouveau ! Bien sûr, j'ai embrassé tout un tas de personnes depuis que je suis parti. Je me suis pas mis à la diet, hein, faut pas me prendre pour plus con que je ne le suis. D'ailleurs, j'étais pas sûr de le revoir un jour. En fait, je pensais même ne jamais le revoir. Alors j'allais pas faire la grève du sexe. D'autant qu'il était marié lorsque je suis parti, alors même si j'étais resté ... Puis je couchais bien avec son frère avant de partir. Bref. Tout ça pour dire que oui, j'ai embrassé des gens pendant mon voyage autour du monde, mais jamais un simple baiser ne m'a électrisé ainsi. En fait, je dirais même que jamais personne ne m'a électrisé comme il le fait. Et jamais personne n'a réussi à m'embrasser de telle sorte que je ne puisse me concentrer sur ses gestes.

Ses yeux se promènent sur moi, et ça me met un peu mal à l'aise, j'avoue. J'ai tellement changé physiquement. J'ai pris du poids, bien que ce fut compliqué après avoir commencé les thérapies. Mes cheveux ont foncé, je les garde courts maintenant, plus pratique pour les voyages, on risque moins de choper les maladies ou les parasites comme les puces ou les poux. Puis mes vêtements ... Je dois faire vachement sérieux, n'empêche. Ça me fait sourire. J'ai troqué mes jeans, mes Converses et mes vieux tee-shirts à moitié gothiques contre une petite chemise, un pantalon en toile bleu foncé et des chaussures de ville noires. Bon, je m'habille pas comme ça tous les jours bien sûr, enfin sauf quand je vais bosser quoi. En fait, je m'habille comme ça tous les jours. Encore une fois, j'ai l'impression d'entendre son cœur battre, avant de me rendre compte que c'est le mien. Et si je ne lui plaisais plus ? Après tout, c'est possible. Pourquoi je pense à ça moi ? Je viens de le retrouver, je sais que j'ai plus jamais envie de le quitter, et je pense à des choses comme ça ? Allez, reprends-toi Ryan, bordel.

On en vient aux aveux, alors. Mes yeux cherchent les siens, mais il a baissé le regard. Voilà, bien joué Ryan. T'aurais pas pu fermer ta grande gueule ? Tu l'as retrouvé, et tu le fais fuir à présent. Bien, très bien. T'es un mec super doué. Ouais, bah ta gueule. Okay ? Ta gueule putain ! Regarde, putain, il te semble heureux son sourire ? Bien sûr que non, mais ta gueule. J'suis capable de gérer, okay ? Oh tu crois ? Tu te souviens la dernière fois que tu m'as dit ça ? Tu t'es barré ! Tu l'as laissé et tu t'es tiré comme une vieille pute ! Alors ouais, génial, j'aimerais bien te voir gérer ça. Sa main quitte ma hanche. Ça y'est, j'ai tout perdu. Je me prépare à me résigner, à me pousser pour le laisser passer et rentrer chez lui. Mais non. Sa main se pose sur ma joue. Je sens mon visage chauffer, sans doute que j'ai rougit. Son index sur mes lèvres. C'est merveilleux. Ce moment est tellement beau. C'est comme si j'avais rien gâché en ouvrant ma gueule.

Il pose son regard dans le mien, et le monde peut s'effondrer autour de nous. Je m'en fous. Je me fous du monde, je suis avec lui. Il ... De ... Quoi ? Non mais non, je veux pas qu'il prenne une quelconque responsabilité quant à mon départ ! C'était mon idée, mon initiative, j'ai prévenu personne, comment voulait-il m'en empêcher ? Lui qui était marié ... Non et non, j'suis pas d'accord avec ça. Mais on peut pas recommencer sur une dispute, si ? Et recommencer quoi, j'te prie ? Qui te dit qu'il veut recommencer, lui ? Rien, rien du tout, mais j'prends le risque. Je déglutis.

"T'aurais rien pu, Tom. J'étais con, désespéré et amoureux ... Au moins ça, ça n'a pas changé."

Okay. J'ai dit ça à voix haute. Okay, j'aurais pas du. Mais tu dis rien, tu ne dis rien. Je sais, j'ai merdé, mais j'ai pas besoin que tu en rajoutes une couche. Bah voilà, au moins là, on sera fixé. On va savoir tout de suite si t'es le seul à vouloir recommencer quelque chose. Et si non, tu t'prends un mur, tu peux toujours partir la tête presque haute, en sachant qu'il fera passer le mot à ton frère et que donc, ton frère cherchera à te recontacter. Tu le verras plus jamais, tu pourras toujours demander des nouvelles à Gus' et tu retourneras voir ton psy, tu sais celui qui te prend 70€ la séance et qui a pas été foutu de t'aider à oublier tout ce qui s'est passé ici.

Sa main serre la mienne. Longtemps. J'ai entendu dans un film, je crois que c'était des soldats en 14, qui fêtaient Noël. Il me semble qu'une Prussienne disait à un Général "Nos secondes sont plus longues que les vôtres". Eh bien, je le ressens là. Je sais, ça a du durer tout au plus trois secondes, mais ça a duré une éternité. Une belle éternité, celle qui fait du bien. Mes yeux sont toujours dans les siens, ou l'inverse je sais pas exactement. Mon cœur s'accélère encore, ma respiration se fait difficile. N'arriverait jamais à m'oublier ... A m'oublier, jamais. Moi. Je crois que c'est le plus beau moment de ma vie. Encore plus beau que lorsque j'ai signé les papiers pour adopter Kelly. Tiens, officiellement, on a une fille. Décédée certes, mais une fille quand même. Elle aurait quoi ... Douze, treize ans peut-être ? Arrête, Ryan. T'as toute la vie pour penser à Kelly. Reste avec Tom, pour le moment. Oui, Tom.

Qu'est-ce que tu veux répondre à ça ? Qu'est-ce que je peux répondre à ça ? Rien, bien sûr. Rien d'autre que quelques larmes qui noient mes yeux. Lentement, je m'approche de lui, quitte son regard et l'enlace. Je respire son odeur. J'y avais pas encore réellement fait attention, jusqu'à présent. Mais quelle douce odeur. Je pose mon visage contre la peau de son cou. Cette position aussi, nous la connaissions bien à l'époque. C'est rassurant, je trouve. J'ai l'impression d'être à l'abri de tout là, dans ses bras. J'ai l'impression qu'il peut me protéger de tout ce et tous ceux qui me voudront du mal. Et il l'a plutôt bien fait, à dire vrai.

"Je t'aime."

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De retour. [PV Tom]
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